Dakar a accueilli ce mardi 9 juin 2026 un atelier d’information et de formation destiné aux parlementaires sur les enjeux de la sécurisation foncière et de l’aménagement du territoire au Sénégal. Organisée dans le cadre des activités du Projet Cadastre et Sécurisation Foncière (PROCASEF), cette rencontre vise à renforcer les capacités des députés sur une question devenue centrale pour la stabilité sociale, le développement territorial et la gouvernance locale.
Financé par la Banque mondiale et mis en œuvre depuis août 2021 sous la tutelle du ministère des Finances et du Budget, le PROCASEF accompagne l’État du Sénégal dans la modernisation de la gouvernance foncière. Le projet intervient actuellement dans 138 communes réparties dans les 14 régions du pays et poursuit deux objectifs majeurs : renforcer les capacités de l’État pour la mise en œuvre d’un cadastre national et améliorer la sécurisation foncière dans les collectivités ciblées.
Grâce aux résultats enregistrés depuis son lancement, le projet a bénéficié d’un financement additionnel de la Banque mondiale. Cette nouvelle enveloppe permettra notamment l’extension des interventions du programme à 60 nouvelles communes, avec la construction et l’équipement de bureaux fonciers, le déploiement du Système d’Information Foncière Communal (SIFCOM), l’enregistrement systématique des droits fonciers ainsi que la formation des agents fonciers territoriaux.
S’exprimant à l’ouverture des travaux, le coordonnateur national du PROCASEF, Mouhamadou Moustapha Dia, a insisté sur l’importance d’une approche participative dans la gestion du foncier.
« La question foncière est une problématique multi-acteurs. Elle implique des acteurs institutionnels, non institutionnels, étatiques et non étatiques. Pour parler du foncier, il faut promouvoir le dialogue entre tous ces acteurs », a-t-il déclaré.
Selon lui, la tenue de cet atelier avec les députés répond à une nécessité. « L’Assemblée nationale joue un rôle fondamental. Au-delà de la législation, les députés sont quotidiennement confrontés aux préoccupations foncières des populations dans leurs localités respectives. Ils reçoivent des plaintes, suivent des litiges et participent aux débats sur ces questions », a-t-il expliqué.
Les échanges ont permis de revenir sur l’évolution historique du régime foncier sénégalais, son cadre juridique et institutionnel, mais aussi sur les réalisations du PROCASEF en matière de sécurisation des terres. Les participants ont notamment été informés sur les outils innovants développés par le projet, à l’image du mécanisme de gestion des plaintes destiné à prévenir et contenir les conflits fonciers dans les territoires.
Le coordonnateur national a également mis en avant le rôle stratégique du SIFCOM, un système numérique appelé à transformer la gestion foncière au niveau local. « Cet outil va dématérialiser toute la chaîne foncière et renforcer la transparence, la traçabilité et la bonne gouvernance dans les communes bénéficiaires », a-t-il souligné.
À travers cette session de formation, le PROCASEF espère voir émerger des parlementaires mieux outillés sur les enjeux fonciers et capables de porter le plaidoyer pour une sécurisation accrue des terres auprès des pouvoirs publics et des citoyens.
« La question foncière est l’affaire de tous. Chaque acteur doit se l’approprier afin que nous puissions ensemble réduire les nombreux litiges fonciers qui persistent dans les différentes localités du pays », a conclu Mouhamadou Moustapha Dia.
Prévu initialement pour la période 2021-2026, le PROCASEF envisage désormais une extension de ses activités jusqu’en 2029. Cette perspective s’inscrit dans la dynamique de mise en œuvre d’un futur Programme national de sécurisation foncière (PNSF), destiné à généraliser progressivement les mécanismes modernes de gestion foncière sur l’ensemble du territoire national.
Pour les autorités comme pour les partenaires techniques et financiers, la sécurisation foncière demeure un levier essentiel pour prévenir les conflits, stimuler l’investissement agricole et économique, renforcer la décentralisation et promouvoir un développement territorial harmonieux au Sénégal.











