En conférence de presse lundi 17 août à Dakar, les syndicats membres du G7, groupe le plus représentatif du secteur de l’éducation, ont dénoncé la décision du gouvernement de procéder à un recrutement spécial de 2.527 enseignants. Ils demandent aux autorités de privilégier la voie de concours.
Les syndicats membres du G7 ont animé hier à Almadies 2, une conférence de presse. Une occasion, pour ces structures les plus représentatives du système éducatif, de dénoncer la mesure du gouvernement, de procéder à un recrutement spécial de 2.527 enseignants.
Le G7 rappelle qu’il milite pour la résorption du déficit d’enseignants, mais que celle-ci doit se faire par voie de concours. « Le G7 exprime sa profonde indignation face à cette décision prise de manière unilatérale, sans concertation préalable avec les organisations syndicales représentatives du secteur de l’éducation et de la formation », a martelé Aliou Diouf, le secrétaire général du Cusems qui lisait la déclaration liminaire.
Depuis quelques années, déplore le groupe de syndicats, les recrutements spéciaux, qui devraient rester « exceptionnels, tendent malheureusement à devenir la règle : 5.000 enseignants recrutés en 2022, 2000 en 2024 et 2.527 annoncés en 2026 ».
Cette récurrence soulève, selon les syndicalistes, de sérieuses interrogations sur la planification des besoins en personnel enseignant et sur la politique de recrutement du gouvernement.
En effet, explique le G7, ces recrutements effectués en « dehors du circuit normal ne garantissent ni la transparence des procédures ni l’égalité des chances » entre les candidats. « Pire encore », ils contribuent à « déprofessionnaliser » le métier d’enseignant.
À cela s’ajoute, selon le G7, le fait que les organisations syndicales seront, une fois de plus, contraintes de se battre pour assurer la formation professionnelle de ces futurs enseignants ainsi que leur intégration dans la fonction publique.
Le G7 souligne qu’une grande partie des difficultés dont souffre aujourd’hui le système éducatif sénégalais trouve son origine dans certaines politiques de recrutement mises en œuvre par le passé, notamment celles dites des « ailes de dinde », du « quota sécuritaire, des volontaires et des vacataires de l’éducation ».
Il rappelle également au gouvernement l’engagement qu’il avait pris en déclarant que le recrutement de 2024 serait le dernier pris de manière exceptionnelle.
Pour ce cadre syndical, l’annonce d’une nouvelle opération en 2026 constitue donc une « remise en cause de cet engagement et fragilise davantage la confiance entre les acteurs du système éducatif et les autorités ».
Les syndicats tiennent à souligner que la résorption du déficit en personnel enseignant demeure l’une de leurs préoccupations majeures. Toutefois, ils sont d’avis que la nécessité de combler ce déficit ne saurait justifier le recours à des procédures dérogatoires ni se faire au détriment de la qualité de l’enseignement et des apprentissages.
Par conséquent, le groupe de syndicats se démarque totalement de ce « recrutement spécial et exige du gouvernement un retour à l’orthodoxie ».
Il demande que tous les recrutements soient désormais organisés par voie de concours afin de garantir la qualité des enseignants recrutés, la transparence des procédures et, surtout, l’égalité des chances entre tous les citoyens désireux d’embrasser le métier d’enseignant.
Enfin, le G7 appelle l’ensemble des militants de l’école, les organisations syndicales, les acteurs de la société civile ainsi que tous les citoyens attachés à l’avenir de l’éducation nationale à se mobiliser pour défendre une école publique équitable, performante et de qualité.
« L’avenir de notre nation dépend de la qualité de son système éducatif. Aucun impératif ne saurait donc justifier que l’on sacrifie la formation des enseignants, la transparence des recrutements et l’égalité des chances », a indiqué le G7.











