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Gouvernance publique à l’ère de l’intelligence artificielle : L’ARCOP et la BU de l’UCAD ouvrent le débat

À l’occasion des 60 ans de la Bibliothèque universitaire de l’UCAD, l’Autorité de Régulation de la Commande Publique a organisé, ce vendredi 17 avril 2026, une journée de réflexion consacrée à la gouvernance de la commande publique à l’ère de l’intelligence artificielle.

L’événement a réuni acteurs institutionnels, universitaires, experts du numérique et professionnels de l’information autour d’un objectif commun : repenser les mécanismes de transparence, d’accès au savoir et de gestion des marchés publics à l’aune des innovations technologiques.

Prenant la parole, le directeur général de l’ARCOP, Moustapha Djitté, a insisté sur la nécessité d’ouvrir un dialogue structuré autour des implications de l’intelligence artificielle dans le cycle complet de la commande publique, de la conception des marchés à leur exécution. Il a notamment mis en avant les avancées majeures liées à la plateforme « Appel », un système numérique innovant destiné à centraliser et dématérialiser l’ensemble des procédures des marchés publics au Sénégal.

Selon lui, cette plateforme constitue une véritable révolution dans la gestion administrative. « Nous passons d’un système papier à une gestion entièrement numérisée, générant des données sécurisées, horodatées et chiffrées », a-t-il expliqué. Hébergées sur des infrastructures sécurisées en partenariat avec la Sonatel, ces données deviennent, une fois agrégées, un levier stratégique pour la prise de décision publique.

Dans cette dynamique, l’intelligence artificielle apparaît comme un outil d’aide à la décision plutôt qu’un substitut à l’humain. Elle permettrait d’identifier des tendances, de détecter des anomalies et de renforcer la transparence, tout en laissant aux experts le soin d’arbitrer et de valider les processus. Une approche qui vise à améliorer l’efficacité tout en garantissant la fiabilité des procédures.

Le directeur général a également souligné l’interconnexion de la plateforme avec plusieurs systèmes de l’administration, notamment ceux de l’ANSD, de la Caisse de Sécurité sociale et, prochainement, du ministère des Finances via le SIGIF. Cette synchronisation permet de suivre l’ensemble du cycle budgétaire, depuis l’allocation des ressources jusqu’à l’exécution et au paiement des marchés publics.

Toutefois, face à l’ampleur du projet, l’ARCOP privilégie une mise en œuvre progressive. Après une phase pilote lancée en octobre dernier, l’objectif est de rendre la plateforme pleinement opérationnelle d’ici janvier 2027, pour l’ensemble des administrations.