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Crise de la dette sénégalaise: Des économistes appellent le Sénégal à parier sur ses propres ressources

Des économistes, experts internationaux et acteurs de la société civile ont plaidé pour une nouvelle approche de la dette publique fondée sur la transparence, la mobilisation de l’épargne locale et la confiance dans les capacités africaines. Au cœur des débats : la nécessité pour les États africains de reprendre le contrôle de leur financement afin de bâtir une souveraineté économique durable.

Réunis lors d’une rencontre consacrée aux enjeux de la dette publique et de la justice économique, plusieurs spécialistes africains et internationaux ont échangé sur les défis liés au financement du développement au Sénégal et sur les alternatives aux mécanismes classiques d’endettement extérieur.

Parmi les intervenants figurait Ali Zafar, conseiller économique au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). L’expert a participé aux discussions portant sur les réformes économiques, monétaires et financières jugées indispensables pour renforcer la résilience des économies africaines face aux crises mondiales.

Demba Moussa Dembélé souhaite que les autorités sénégalaises recourent à la coopération avec des pays plus respectueux de la souveraineté des États que les institutions multilatérales. À ses yeux, la Chine en fait partie.

‘’Ce sont des partenaires […] qui nous permettront de sortir du système néocolonial’’, a dit M. Démbélé, président de l’Africaine de recherche et de coopération pour l’appui au développement endogène, une organisation de promotion d’un développement basé sur les savoirs locaux.

Il suggère, par ailleurs, qu’un audit intégral de la dette publique du Sénégal soit mené.

Les participants ont insisté sur un constat majeur : les économies africaines disposent déjà d’importantes ressources financières locales encore largement sous-exploitées. Banques, compagnies d’assurances, systèmes de microfinance et mécanismes d’épargne nationale représentent un potentiel stratégique capable de soutenir les investissements structurants du continent.

Pour plusieurs experts, le véritable enjeu ne se limite plus à l’accès aux financements internationaux, mais réside désormais dans la capacité des États à organiser efficacement leurs ressources internes, orienter l’épargne vers des secteurs productifs et instaurer un climat de confiance durable.

Les intervenants ont également tenu à nuancer la perception souvent négative de la dette publique. Selon eux, l’endettement peut constituer un puissant levier de transformation économique lorsqu’il finance des projets à forte valeur ajoutée dans les infrastructures, l’agriculture, l’industrie, l’innovation ou encore la création d’emplois.

Prenant la Yacine Fall a replacé les débats dans une dynamique continentale. La ministre a souligné l’urgence pour les pays africains de renforcer leur coopération afin de mieux défendre leurs intérêts dans les négociations économiques internationales.

Elle a plaidé pour la mise en place de mécanismes financiers plus équitables et adaptés aux réalités africaines, tout en rappelant l’importance pour l’Afrique de construire une voix commune sur les grandes questions économiques et financières mondiales.

À travers cette rencontre, Dakar confirme une nouvelle fois son rôle de plateforme de réflexion stratégique sur les défis économiques africains, dans un contexte où les questions liées à la dette, à la souveraineté financière et à la gouvernance publique occupent une place centrale dans les débats internationaux.