Me El Hadji Diouf a annoncé le dépôt d’une plainte pour diffamation et diffusion de fausses nouvelles au nom de l’ancien directeur général de la Senelec, Papa Mademba Bitèye, contre le site d’information Point Actu. Cette action judiciaire fait suite à la publication d’un article mettant en cause l’ancien dirigeant dans le cadre d’un contrat de la Senelec avec l’entreprise Hexing.
Au cœur de cette polémique figurent des commandes évaluées à 138 milliards de FCFA sur une période de quinze ans, ainsi que des investissements annoncés à hauteur de 7,3 milliards de FCFA. Des chiffres que Me El Hadji Diouf conteste dans leur présentation, estimant que les informations publiées donnent une image déformée des décisions prises sous la direction de Papa Mademba Bitèye.
Lors de sa conférence de presse, l’avocat a vivement critiqué le traitement médiatique du dossier Senelec-Akile. Selon lui, l’article de Point Actu passe sous silence des éléments essentiels concernant les conditions d’exécution du contrat, les obligations des parties et les enjeux économiques du projet.
Me El Hadji Diouf a notamment rappelé que le contrat initial prévoyait la fourniture annuelle de 250 000 compteurs. Il affirme qu’au cours de deux années marquées par la pandémie de Covid-19, Akile n’aurait pas respecté les volumes contractuels annoncés, tout en percevant des paiements qu’il juge disproportionnés au regard des prestations réalisées.
L’avocat soutient également que la Senelec aurait assumé plusieurs charges liées à la garantie et au stockage des compteurs. À ses yeux, ces éléments doivent être pris en compte pour apprécier les conditions financières du partenariat et ses conséquences pour l’entreprise publique.
Pour défendre les choix opérés sous l’ancienne direction générale, Me El Hadji Diouf a mis en avant l’option de la production locale des compteurs électriques. Selon ses explications, la mise en place d’une unité industrielle au Sénégal aurait nécessité un investissement estimé à environ 7 milliards de FCFA, contre un coût global qu’il évalue à près de 23 milliards de FCFA dans le cadre de l’option contractuelle contestée.
L’avocat estime que cette orientation devait permettre de renforcer l’autonomie industrielle du Sénégal, de réduire sa dépendance aux importations et d’ouvrir des perspectives commerciales dans la sous-région.
Il a également insisté sur la nécessité de distinguer les décisions préparatoires de la signature effective du contrat, affirmant que Papa Mademba Bitèye n’aurait pas signé l’accord mis en cause. Il a, à ce titre, évoqué la responsabilité de la direction générale qui a procédé à la signature, appelant à examiner la chronologie des faits et les documents contractuels.
Au-delà des aspects techniques et financiers du dossier, Me El Hadji Diouf s’est interrogé sur le moment choisi pour remettre cette affaire au centre du débat public. Il a dénoncé une publication qu’il estime préjudiciable à la réputation de son client et a mis en cause la fiabilité des informations relayées.
L’avocat a annoncé son intention de poursuivre en justice le journal Point Actu, ainsi que les personnes dont l’enquête permettrait d’établir une éventuelle implication dans la diffusion des informations contestées.
« Nous allons porter plainte pour diffamation et diffusion de fausses nouvelles », a-t-il déclaré en substance, affirmant vouloir que toute la lumière soit faite sur cette affaire.
Cette sortie médiatique relance le débat sur les conditions de conclusion et d’exécution des contrats de fourniture de compteurs électriques à la Senelec, les coûts supportés par l’entreprise publique et les retombées attendues des investissements dans la production locale.
Les accusations formulées par l’avocat comme les informations publiées par Point Actu devront être confrontées aux pièces contractuelles et aux éléments vérifiables du dossier. À ce stade, les affirmations de Me El Hadji Diouf constituent la position de la défense de Papa Mademba Bitèye. La procédure judiciaire annoncée pourrait permettre d’apporter des éclaircissements supplémentaires sur les responsabilités et les faits contestés.












