Coup de tonnerre dans le landau judiciaire sénégalais. Ce vendredi 30 janvier 2026, les avocats de Mame Mbaye Niang ont annoncé le dépôt imminent d’une plainte visant le Premier ministre, Ousmane Sonko, et le ministre des Finances, Cheikh Diba. Au cœur de cette riposte : une accusation de manipulation de documents officiels pour forcer la révision du procès PRODAC.
Le bras de fer entre l’ancien ministre de la Jeunesse et l’actuel chef du gouvernement prend une tournure pénale inédite. Réunis en conférence de presse, les conseils de Mame Mbaye Niang — parmi lesquels Me El Hadj Diouf, Me El Hadj Oumar Youm et Me Baboucar Cissé — ont dénoncé une « manœuvre politique » orchestrée depuis les sommets de l’État.
L’annonce principale de cette rencontre avec les médias est sans équivoque : la défense de Mame Mbaye Niang engage des poursuites directes contre Ousmane Sonko et le ministre des Finances, Cheikh Diba. Les avocats leur reprochent d’utiliser un pré-rapport de l’Inspection Générale des Finances (IGF) datant de 2018, dépourvu de valeur juridique, pour tenter de blanchir le Premier ministre de sa condamnation pour diffamation. « Donner aujourd’hui une portée juridique à un pré-rapport vieux de six ans, jamais validé et dont l’auteur est décédé, relève purement et simplement du faux et de l’usage de faux », ont martelé les avocats.
Outre cette plainte, une procédure pour « mutation frauduleuse de biens » est également envisagée contre Ousmane Sonko. Il lui est reproché d’avoir transféré des droits au bail à des proches pour éviter de payer les 200 millions de FCFA de dommages et intérêts auxquels il a été définitivement condamné.
Une révision jugée « illégale »
Pour le pool d’avocats, le dossier PRODAC est juridiquement clos. Ils rappellent que la condamnation d’Ousmane Sonko a été confirmée par toutes les instances, jusqu’au rejet du rabat d’arrêt par la Cour suprême le 1er juillet 2025.
Me Baboucar Cissé a fustigé une « diversion juridique », expliquant que la diffamation est une infraction privée déjà tranchée : « Il n’y a ni fait nouveau, ni pièce nouvelle. On tente de faire rejuger ce qui est définitivement jugé. »
La défense s’insurge également contre la mise en place d’une commission de 13 membres chargée de plancher sur cette révision. Composée majoritairement de directeurs sous la tutelle du ministre de la Justice, cette instance est jugée partiale par les avocats de l’ancien ministre. « Comment une commission composée de personnes placées sous l’autorité directe du ministre peut-elle prétendre à l’indépendance ? », s’est interrogé le pool d’avocats, y voyant une menace directe pour l’État de droit.
En conclusion, les conseils de Mame Mbaye Niang ont lancé un appel solennel au corps judiciaire. Ils demandent aux magistrats de résister aux « pressions politiques » pour préserver la sécurité juridique du pays.
L’affaire, qui semblait terminée, repart de plus belle sur le terrain institutionnel. Ce nouveau chapitre judiciaire promet de peser lourdement sur le débat public dans les semaines à venir.












