28 décembre 2007-28 décembre 2025. Il ya 18 ans, jour pour jour que Serigne Saliou Mbacké quitta ce bas-monde. Fils du Fondateur du Mouridisme Cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul et de la Sainte Sokhna Faty Diakhaté de l’illustre famille des “Ndiakhaté”(elle était la soeur utérine de Sokhna Mariama Diakhaté, mère de Serigne Abdou Ahad Mbacké (3ème Khalife Général des Mourides) et de Serigne Abo Madyana Mbacké dit Serigne Souhaïbou), Serigne Saliou fut le dernier fils vivant de Borom Touba sur terre.

Serigne Saliou Mbacké a vu le jour en 1915 à Diourbel. Il fit ses humanités auprès de son oncle maternel Serigne Alassane Diakhaté en compagnie de ses frères Serigne Abdou Ahad Mbacké et Serigne Souhaïbou Mbacké. Très tôt, il se distingua par une vivacité d’esprit et maîtrisa le Saint Coran. Il passa, ensuite, entre les mains d’illustres maîtres coraniques connus et reconnus de la confrérie mouride. Serigne Saliou avait de profondes connaissances en Géographie, en Jurisprudence islamique et en Cosmogonie. Il partageait aussi Sokhna Faty Diakhaté avec Serigne Abdou Khoudoss Mbacké, Serigne Abdou Salam Mbacké et Sokhna Tahirou Mbacké tous disparus à bas âge.
La naissance de Serigne Saliou Mbacké avait suscité un immense espoir pour son père Serigne Touba. Ce dernier l’affirmait en ces termes:”ki sama doom la”(Saliou est mon fils !). Il le bénissait et veillait scrupuleusement sur l’éducation de celui qui va être plus tard le cinquième (5ème) gardien de son temple.

Serigne Saliou Mbacké accéda au Khalifat des Mourides en mai 1990 à la suite du rappel à Dieu de Serigne Abdou Khadre Mbacké Ibn Serigne Touba Khadimou Rassoul. Il devint ainsi le 5ème Khalife de Borom Touba. En 1991, ce grand agriculteur lança les travaux champêtres de Khelcom situé à 70 Km au sud-est de la Ville Sainte de Touba (actuelle
région de Kaffrine). Modèle de domaines agricoles qui s’étendant sur 45 ha, les disciples mourides s’y adonnent à l’agriculture , à l’élevage et à l’enseignement coranique (15 “Daaras”). Les rendements records issus de ces exploitations agricoles contribuent aux grands chantiers mourides (grande mosquée de Touba), assurer l’alimentation des apprenants (“ndongos”) et soutiens aux déshérités. Il ne se limitait pas à Khelcom seulement car il avait de vastes périmètres à Gott et Khabane près de Thiès, à Diapandal (Fatick), Ndiouroul, Lagane,etc Aujourd’hui, même après la disparition du Défricheur des champs mythiques de Khelcom, les Mourides continuent de se mobiliser pour maintenir cet héritage qui est entre de bonnes mains.
Grand ami des enfants, Serigne Saliou Mbacké était un homme de son époque. Il comprenait les vrais enjeux du monde moderne. Il accordait une grande importance à la promotion de l’éducation islamique et entretenait de bonnes relations avec tous ses contemporains. Très strict quant’à l’observance des préceptes de la foi islamique, Serigne Saliou Mbacké aimait ses frères et soeurs à qui il a fait porter les noms de bon de ses fils et filles. Il entretenait aussi des liens bâtis sur du dur avec toutes les familles des “Cheikhs” de Serigne Touba.
Dernier fils vivant de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, il fut le marabout des jeunes. Beaucoup firent allégéance à lui et le vouaient une profonde admiration et respect. Après une vie richement vécue, Serigne Saliou Mbacké s’éteignit le vendredi 28 décembre 2007 en son domicile situé en face de la Grande Mosquée de Touba, provoquant ainsi une véritable onde de choc au niveau de la Communauté mouride. Il fut inhumé nuitamment dans l’enceinte de ce lieu de culte (Grande Mosquée). Son départ pour le repos éternel et ce, après 17 ans à la tête de la confrérie mouride, ferma ainsi le
cycle “des fils de Bamba Khalifes” et ouvrit le règne “des petits-fils de Bamba Khalifes”. Ainsi, Cheikh Mouhamadou Lamine Bara Mbacké Falilou dit Serigne Bara Falilou lui succèda au Khalifat des Mourides. Son fils aîné Serigne Cheikh Saliou Mbacké, quant’à lui, veille sur l’héritage familial depuis 2007. Yala Nafi Yag lool té Wër. Amine.
Ce dimanche 28 décembre 2025 marque le 18ème anniversaire du rappel à Dieu du Mufti, du Saint Homme de Dieu.
Ibrahima NGOM Damel.












