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Conférence des Nations Unies sur l’Eau 2026 : le Sénégal mobilise ses acteurs à Dakar

En perspective de la Réunion préparatoire de haut niveau de Dakar pour la Conférence des Nations Unies sur l’Eau 2026, le Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement a organisé un atelier national de mobilisation des acteurs sénégalais.
La rencontre s’est tenue en présence du Dr Cheikh Tidiane Dièye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, du Secrétaire général du ministère de l’Intégration africaine et des Sénégalais de l’Extérieur, ainsi que de nombreux directeurs généraux, partenaires techniques et financiers, représentants de la société civile, des collectivités territoriales, du secteur privé et des médias.

Dans son allocution d’ouverture, le ministre Cheikh Tidiane Dièye a souligné le caractère stratégique de cet atelier, qu’il a qualifié d’« étape déterminante dans la trajectoire du Sénégal vers la Conférence des Nations Unies sur l’Eau de 2026 ».
« Cette rencontre traduit notre volonté collective de préparer, de manière structurée, inclusive et stratégique, la participation du Sénégal à la Réunion de haut niveau de Dakar, moment clé du processus international menant à la Conférence de décembre 2026 », a déclaré le ministre.

Il a salué la coprésidence du processus par son département et le ministère des Affaires étrangères, incarnant selon lui une action publique coordonnée, à la fois politique, diplomatique et technique, témoignant de l’engagement fort de l’État du Sénégal.

Rappelant que la Conférence de 2026 s’inscrit dans la continuité de la dynamique mondiale relancée en 2023 à New York, le ministre a insisté sur l’objectif central : accélérer la mise en œuvre de l’Objectif de Développement Durable n°6 relatif à l’eau et à l’assainissement.

Il a également mis en exergue la résolution adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2024, confiant au Sénégal et aux Émirats arabes unis la co-organisation de la Conférence.
« Ce choix ne relève nullement du hasard. Il consacre le rôle politique croissant du Sénégal comme acteur crédible, engagé et fédérateur sur les enjeux de l’eau et de l’assainissement », a-t-il affirmé.

Le ministre a rappelé le succès du 9ᵉ Forum mondial de l’eau en 2022 et l’adoption de la Déclaration de Dakar, qui continue d’alimenter les réflexions internationales sur la sécurité hydrique, la paix et le développement durable.
Six grands thèmes pour structurer la Conférence
Après une année de consultations informelles menées depuis mai 2024 avec les États membres, les Nations Unies, la société civile, le secteur privé et le monde académique, six thèmes majeurs ont été adoptés par consensus le 9 juillet 2025 :
● L’eau pour les populations
● L’eau pour la prospérité
● L’eau pour la planète
● L’eau pour la
coopération
● L’eau dans les processus multilatéraux
● Les investissements pour l’eau

La Réunion préparatoire de haut niveau de Dakar, prévue les 26 et 27 janvier 2026 au CICAD, devra consolider ces thématiques, structurer les messages politiques et impulser une dynamique diplomatique forte de Dakar à Abou Dhabi.
Une mobilisation nationale alignée sur la Vision Sénégal 2050
Le ministre a par ailleurs rappelé l’installation, en décembre 2025, du Comité de suivi de la préparation et de l’organisation de la Conférence, doté de sous-comités dédiés à la logistique, à la communication, aux partenariats et aux aspects scientifiques.
Cette mobilisation s’inscrit dans la Vision “Sénégal 2050”, qui fait de l’eau et de l’assainissement des leviers majeurs de justice sociale, de résilience climatique et de compétitivité économique.

Parmi les actions structurantes figurent les projets de dessalement, les autoroutes de l’eau et la mise en place de l’Autorité de Régulation du Secteur de l’Eau (ARSE).

Prenant la parole au nom de la Banque mondiale, partenaire financier clé, sa représentante a lancé un appel fort à l’action face aux défis croissants du secteur.
« Les chiffres sont alarmants. Avec la croissance démographique et les effets du changement climatique, le nombre de personnes sans accès à l’eau et à l’assainissement risque d’augmenter », a-t-elle alerté.

Elle a insisté sur la nécessité de sortir du cycle « construire–détruire–reconstruire », en accordant une attention particulière à l’exploitation et à la maintenance des infrastructures.

La Banque mondiale a réaffirmé son appui aux projets structurants, notamment le Programme d’Investissement pour la Sécurité de l’Eau, estimé à plus de 3,5 milliards de FCFA, et a mis en avant une stratégie articulée autour de trois piliers :
l’eau pour les populations,
l’eau pour la sécurité alimentaire et l’emploi,
l’eau pour la planète.

Les représentants des collectivités territoriales ont réaffirmé leur engagement en faveur de l’atteinte de l’ODD 6, soulignant leur rôle de proximité dans la sensibilisation des populations, la lutte contre le gaspillage et l’amélioration de l’accès à l’eau et à l’assainissement.
« Les collectivités territoriales sont prêtes à collaborer pleinement avec l’État pour mettre en place des politiques cohérentes et inclusives sur l’ensemble du territoire », ont-ils déclaré.

En déclarant ouverts les travaux de l’atelier, le ministre Cheikh Tidiane Dièye a exprimé sa conviction que les échanges permettront de dégager des engagements concrets, à la hauteur des attentes des populations et des défis mondiaux liés à l’eau.