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Alioune Tine : la présidence de Diomaye Faye à la CEDEAO, une « victoire diplomatique incontestable »

« Bien sûr que c’est une victoire diplomatique incontestable. » Pour Alioune Tine, fondateur de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (RADDHO), la désignation de Bassirou Diomaye Faye à la présidence en exercice de la CEDEAO consacre une avancée majeure pour la diplomatie sénégalaise. Mais le défenseur des droits humains prévient aussitôt : il faut désormais se montrer à la hauteur des défis qui secouent l’organisation sous-régionale.

 

Lors de la 69e Session ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement, le 19 juillet dernier, le chef de l’État sénégalais s’était vu confier les rênes de la Communauté. Il avait alors dressé un diagnostic lucide des fragilités de l’institution – menace terroriste, économie résiliente mais vulnérable, institutions à réformer – et exigé l’opérationnalisation de la Force régionale de lutte contre le terrorisme, le renforcement de l’autonomie financière et une mutualisation des moyens. Ses pairs lui ont ainsi témoigné leur confiance, reconnaissant en lui une parole écoutée et une vision constante.

 

Dans un entretien rapporté par Senegal7, Alioune Tine souligne que le Sénégal dispose d’atouts précieux pour que ce mandat soit couronné de succès. Il cite le ministre des Affaires étrangères Cheikh Niang, qui permet au pays de « renouer avec la normalité » diplomatique, le général Birame Diop au profil adapté, et le professeur Abdoulaye Bathily dont l’expérience politique et le vaste réseau sont des avantages. Mais au-delà de ces personnalités, il insiste sur la nécessité d’associer la société civile et la jeunesse ouest-africaine aux processus de décision.

 

L’alerte la plus pressante concerne la Guinée-Bissau. « Il faut qu’il prenne en compte la société civile et la jeunesse ouest-africaine. Surtout pour traiter des contentieux qui deviennent très préoccupants, notamment l’impasse politique de la transition en Guinée-Bissau », a déclaré M. Tine. Une transition dont le blocage représente un test immédiat pour la nouvelle présidence en exercice de la CEDEAO.