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Tentative de coup d’État au Bénin: Patrice, l’autre Talon d’Achille. Par Ibrahima NGOM Damel*

Les populations du Bénin, terre du roi Guézo, se sont réveillées, ce dimanche 7 décembre 2025, du pied gauche. Il a fallu de peu pour que le pouvoir tombe, prenne fin comme est en train de s’achever l’année en cours. Des militaires qui ont réussi dans un premier temps à mettre la main sur la chaîne nationale (la télévision d’État) étaient sur le point de renverser le Président de la République Patrice Talon. Beaucoup de points stratégiques de la capitale Cotonou étaient sous leur contrôle.

En Afrique et, notamment, dans sa partie sub-saharienne, le règne des pouvoirs-
bataille est comme dans l’air du temps. Les crises liées au contrôle du pouvoir politique reviennnent sans cesse comme l’hydre de Lerne. Elles ont la peau dure ! Récemment, la Guinée-Bissau s’est tristement illustrée dans cette série de “pronunciamientos”(avalanche de coups de force), étayant la conviction profonde de plus d’un afro-pessimiste(s) qui soutiennent, mordicus, que le continent noir est encore incapable de se prendre en charge, de conduire ses propres destinées. Nous devons alors cesser d’être les éternels mendigotes, la risée du monde.

Pourtant dans un passé plus ou moins lointain, le Bénin de Mathieu Kérékou était considéré comme un parangon de la démocratie. C’est malheureux qu’il tombe, aujourd’hui, de son piédestal pour, ensuite, rester une pâle figure . Cette situation qui prévaut au Bénin remet au goût du jour la question des réformes constitutionnelles sur le continent africain. Pour s’éterniser à la tête de la magistrature suprême de leurs pays, certains chefs d’État sont prêts à tout,même à pactiser avec le diable. Nos institutions sont comme une pâte que l’on modèle au gré des humeurs de ceux qui détiennent les rênes du pouvoir
(surtout le Président de la République et son clan). Le Président Patrice Talon est de cette race des goulus du pouvoir. Il a fait fi de l’article 2 du protocole de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance qui stipule que les lois électorales ne doivent être modifiées de manière unilatérale à moins de six mois avant le scrutin. L’augmentation de la durée du mandat du Président de la République, la resurrection du Senat pour (re)caser une clientèle politique et le musèlement de certaines voix de l’opposition sont autant de facteurs qui attisent les ranceurs et mettent le feu à la plainte. Oui, Paul Valéry avait bien raison lorsqu’il avançait, je cite:”Les hommes politiques, une fois au pouvoir, renient tout ce qu’ils avaient promis pour y accèder”.Triste Afrique !

*Ibrahima NGOM Damel,
Journaliste.