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Transition énergétique : l’ANER valide un cadre national pour accélérer la solarisation des forages ruraux au Sénégal

L’Agence Nationale pour les Énergies Renouvelables (ANER), en partenariat avec le Programme Énergies Durables (PED) de la GIZ, a organisé un atelier de restitution de restitution de l’étude sur le pompage scolaire et la scolarisation des forages ruraux .

Présidée par le Professeur Diouma Kobor, Directeur général de l’ANER, en présence du Dr El Hadji Ndiaye, représentant du ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Dr Abdourahmane Diouf, cette rencontre a réuni les partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs du secteur de l’énergie et de l’hydraulique.

Cette initiative s’inscrit pleinement dans la politique nationale de transition énergétique portée par le ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines. Elle ambitionne de réduire les coûts d’exploitation des forages grâce aux énergies renouvelables, d’améliorer durablement l’accès à l’eau potable et de soutenir le développement agricole, tout en renforçant la résilience des territoires face aux changements climatiques.

Dans son allocution, le Professeur Diouma Kobor a salué l’engagement constant du ministère, du Programme Énergies Durables de la GIZ, de l’Office des Forages Ruraux (OFOR), de la SAED, de la SODAGRI, du cabinet SIMS ainsi que des 45 jeunes stagiaires ayant participé à cette vaste mission de collecte de données à travers le pays. Il a rappelé que cette étude constitue une première nationale en matière de référentiels techniques dédiés au pompage solaire communautaire.

Les résultats présentés révèlent une cartographie inédite du potentiel national. Au total, 947 sites ont été étudiés dans les 14 régions du Sénégal, couvrant 6 524 localités et bénéficiant à plus de 6,1 millions de personnes. L’analyse hydraulique a permis d’identifier 543 forages immédiatement éligibles à une hybridation solaire.

Selon l’étude, l’installation de 5,2 MWc de capacité photovoltaïque sur ces ouvrages permettrait de produire quotidiennement plus de 77 000 m³ d’eau, avec une réduction des coûts énergétiques supérieure à 70 %. Pour un investissement estimé à 3,95 milliards de FCFA, les économies annuelles atteindraient 1,44 milliard de FCFA, tandis que les émissions de gaz à effet de serre seraient réduites de plus de 4 600 tonnes de CO₂ par an.

Le potentiel est également considérable dans le secteur agricole. L’étude identifie 82 périmètres irrigués prioritaires, représentant plus de 11 200 hectares, où près de 8,8 MWc de capacité solaire pourraient être installés. Cette transformation permettrait de générer 2,65 milliards de FCFA d’économies annuelles et d’éviter près de 8 746 tonnes de CO₂ chaque année.

Au total, les experts estiment qu’un investissement global de 10,6 milliards de FCFA pourrait produire plus de 6,4 milliards de FCFA d’économies annuelles tout en réduisant les émissions de plus de 13 000 tonnes de CO₂ par an, démontrant ainsi la forte rentabilité économique, environnementale et sociale de la transition vers le pompage solaire.

Le Directeur général de l’ANER a insisté sur la nécessité de transformer rapidement ces recommandations en projets concrets. Il a plaidé pour la mobilisation des financements, la mise en œuvre du référentiel national, le renforcement des capacités des acteurs et l’accélération de la solarisation des forages ruraux et des systèmes de pompage agricole à l’échelle nationale.

Représentant le ministre Dr Abdourahmane Diouf, le Dr El Hadji Ndiaye a rappelé que l’accès universel à une énergie moderne constitue un pilier majeur de la Vision Sénégal 2050. Il a souligné que le pompage solaire représente un levier stratégique pour améliorer l’accès à l’eau, réduire la dépendance aux combustibles fossiles, soutenir l’agriculture irriguée, créer des emplois verts et renforcer la sécurité alimentaire.

Il a également insisté sur l’importance de disposer de normes techniques harmonisées, de mécanismes de maintenance performants et de modèles économiques durables afin de sécuriser les investissements publics et privés et de garantir la pérennité des infrastructures.

Cet atelier vient renforcer les actions déjà engagées par l’ANER, notamment les conventions conclues avec l’Office des Forages Ruraux (OFOR) ainsi que la feuille de route nationale consacrée à la gestion des déchets d’équipements solaires. Il confirme la volonté des autorités de faire de l’énergie solaire un véritable moteur de modernisation des infrastructures hydrauliques rurales, au service de la souveraineté énergétique, de la sécurité alimentaire et du développement durable du Sénégal.