
La Fondation TrustAfrica, en partenariat avec le Département d’Histoire de l’UCAD, a organisé ce mardi 30 juin 2026, une conférence intitulée « Restitution du patrimoine africain : histoire, mémoire, traces, réappropriation ».
Cet événement d’envergure animé par Felwine Sarr vise à examiner les dimensions historiques et juridiques du retour des œuvres, de discuter des pratiques de réappropriation culturelle et de renforcer le dialogue pour des politiques concrètes de restitution.
La conférence a réuni des chercheurs, des acteurs culturels et des décideurs autour des enjeux historiques, mémoriels et pratiques de la restitution des biens culturels africains spoliés durant la période coloniale.
“Ces restitutions des biens culturels africains vont permettre de reconstruire la mémoire, de faire une reconnexion de l’histoire, réenvisager un élan vers l’avenir en se réappropriant tous les éléments culturels et soigner un certain nombre de problématiques relationnelles’’, a-t-il souligné, Felwine Sarr dans son intervention.
L’économiste sénégalais a expliqué que la réflexion sur la restitution commence par une meilleure compréhension de l’histoire des œuvres, des circonstances de leur spoliation pendant la période coloniale et de leur signification pour les peuples africains.
« La restitution pose plusieurs questions essentielles : pourquoi ces objets ont-ils été déplacés, que représente leur retour pour les nations africaines et quel usage voulons-nous en faire une fois qu’ils seront de nouveau sur le continent ? », a-t-il indiqué.
Selon lui, le retour de ces biens culturels permettra aux nouvelles générations de renouer avec une partie de leur histoire et de reconstruire un lien vivant avec leur patrimoine. Il a précisé que les opérations de restitution sont réalisées selon des normes scientifiques rigoureuses, grâce au travail conjoint des conservateurs et spécialistes des musées africains et européens.

Pour Ibrahima Sall, directeur exécutif de TrustAfrica, les biens culturels africains conservés dans des musées étrangers représentent bien plus que des objets d’exposition. « Ils constituent une part essentielle de notre héritage, de notre mémoire et de notre identité collective », a-t-il affirmé, estimant que leur restitution participe d’un processus plus global de réparation des injustices héritées de la colonisation.
Monsieur Sall a également insisté sur la nécessité de replacer ces œuvres dans leur contexte historique et culturel afin qu’elles contribuent à l’éducation, à la recherche et au renforcement de la conscience historique des sociétés africaines.











