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Le professeur Yankhoba Seydi expose son ouvrage le libéralisme : “une affaire de philosophie et de liberté, une histoire de libération”

La cérémonie de présentation de l’ouvrage du professeur Yankhoba Seydi « Libéralisme : une affaire de philosophie et de liberté, une histoire de libération », s’est déroulée ce samedi 09 mai 2026, à la faculté des lettres de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

La rencontre de haute facture a enregistré la présence de l’invité d’honneur Abdourahmane Sarr, Ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, du doyen de la FLSH, le professeur Mamadou Bouna Timera, du professeur Kandji,directeur de LERPLA , ainsi que de nombreux enseignants-chercheurs et étudiants.

A travers cet ouvrage, l’auteur nous replonge dans les profondeurs de l’âme humaine ou brille la flamme de la liberté. « L’homme est libéral par essence, car cette liberté lui permet de tirer profit de sa créativité, de son travail et de son imagination. Tout le monde est libéral que cela se sache ou pas », dit –il dans le livre.

M. Seydi nous indique que le libéralisme est la seule vision du monde qui offre à l’individu un contrôle sur sa destinée et un idéal de vie pour toute l’humanité.

Dans son discours d’ouverture, le professeur Yankhouba Seydi a expliqué que cet ouvrage est né d’une profonde frustration intellectuelle face aux amalgames entretenus entre libéralisme et capitalisme, particulièrement durant la pandémie de Covid-19.

Il ajoute : « À chaque crise, lorsqu’on ne trouve pas d’explication rationnelle, on se retourne systématiquement vers le capitalisme et le libéralisme pour les désigner comme responsables. J’ai trouvé cela trop facile et surtout scientifiquement faux ».

L’universitaire a insisté sur le fait que le libéralisme repose avant tout sur la croyance en la liberté comme droit naturel fondamental. S’appuyant sur la pensée du philosophe anglais John Locke, il a rappelé que la liberté, au même titre que la vie, constitue un droit naturel inhérent à chaque individu.

Selon lui, la confusion entre libéralisme et capitalisme nuit à la compréhension du débat intellectuel et politique. « Le capitalisme croit au capital, alors que le libéralisme est d’abord une philosophie centrée sur l’individu et la liberté », a-t-il soutenu, plaidant pour une meilleure vulgarisation de cette pensée philosophique.

Le professeur Seydi a également mis en avant le rôle fondamental des libertés académiques et de la liberté de la presse dans toute démocratie moderne, rappelant que la liberté d’expression constitue le socle du travail journalistique et de la production du savoir.

Dans la deuxième partie du livre, l’auteur tente de démontrer la prééminence de la liberté individuelle dans le processus de modernisation de nos sociétés. Selon lui, le libéralisme est un principe révolutionnaire qui aura marqué l’histoire européenne marqué pendant des siècles par le règne de l’absolutisme. Ainsi, les révolutions anglaise (1688), américaine (1776) et française (1789) sont les héritières de siècles d’évolutions du libéralisme qui aura accompagné le processus de libération des peuples face à l’oppression féodale. Ainsi à travers les pages, M. Seydi détaille les différents combats du libéralisme pour l’émergence d’une société moderne. Cette modernité, souvent conjuguée avec la mondialisation et des concepts économiques (la loi du marché, le protectionnisme) peut souvent prêter à confusion en assimilant libéralisme et capitalisme.

De son côté, le doyen de la FLSH, le professeur Mamadou Bouna Timera, a salué une cérémonie « hautement symbolique » pour l’institution universitaire. Selon lui, cette rencontre illustre l’importance accordée à la recherche et à l’écriture dans la mission de l’université.

« Cette cérémonie est une source d’émulation pour les collègues et pour les étudiants dans un contexte où la lecture tend à perdre de la place dans l’espace public », a-t-il souligné, avant de réaffirmer l’engagement de la faculté à accompagner la recherche scientifique et la production intellectuelle.

Le professeur Kandji, directeur du LERPLA, a quant à lui dressé un portrait élogieux de Yankhouba Seydi, qu’il a présenté comme un universitaire accompli, engagé à la fois dans la recherche, l’enseignement, le syndicalisme et la réflexion politique.