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Dix ans de précarité » : les ex-travailleurs de SAIPEM interpellent l’État et la SOCOPAO

Le Collectif des 91 travailleurs sénégalais licenciés, selon eux « abusivement » par la multinationale SAIPEM sans motif réel ni sérieux et sans indemnisation, a organisé un sit-in ce jeudi 7 mai 2026 devant les locaux de la SOCOPAO du Groupe Bolloré.

La mobilisation s’est tenue en présence de Monsieur Abdou DIEDHIOU, coordonnateur du collectif, ainsi que de plusieurs membres venus réclamer des éclaircissements sur leur situation et interpeller les autorités compétentes.

Au cours de cette manifestation, les travailleurs ont remis un mémorandum à la direction de la SOCOPAO afin de demander des clarifications sur le rôle joué par cette structure durant plus de trois décennies dans la gestion administrative des relations entre les travailleurs sénégalais et les sociétés Bouygues Offshore, Saibos et SAIPEM SA, ainsi que sa filiale Global Petro-Project Service.

Selon le collectif, la SOCOPAO du Groupe Bolloré aurait assuré plusieurs missions administratives, notamment la transmission de documents contractuels, la centralisation des formalités liées à l’emploi et la liaison entre les travailleurs et les sociétés utilisatrices. Les manifestants souhaitent aujourd’hui obtenir des explications sur « la portée réelle de la chaîne contractuelle » et sur « l’identité de l’employeur réel ».

Prenant la parole devant la presse, Monsieur Abdou DIEDHIOU a affirmé que plusieurs incohérences entoureraient leur licenciement. Il a notamment évoqué la délivrance de certificats de travail par la SOCOPAO à des travailleurs qui, selon lui, n’étaient pas directement employés par cette structure.

« Nous demandons des éclaircissements sur la base juridique de ces certificats de travail, ainsi que sur le rôle exact joué par la SOCOPAO dans la transmission des lettres de licenciement », a-t-il déclaré.

Le coordonnateur du collectif a également dénoncé les conséquences sociales et humaines de ces licenciements, affirmant que plusieurs anciens travailleurs seraient décédés, malades ou contraints à l’exil, tandis que d’autres vivraient dans une grande précarité.

Le collectif dit également s’interroger sur l’existence juridique de la société Global Petro-Project Service au moment des licenciements. Selon ses membres, certaines lettres de licenciement établies en mars 2016 à Zurich auraient été émises avant même le démarrage officiel des activités de cette société, tel qu’indiqué dans des documents administratifs consultés par le collectif.

Face à cette situation, les travailleurs réclament :

● des clarifications sur le rôle exact de la SOCOPAO dans la relation contractuelle ;

● des explications sur la base juridique des certificats de travail délivrés ;

● des précisions sur l’implication de la SOCOPAO dans la transmission des licenciements ;

● ainsi qu’une révision du dossier afin d’établir clairement les responsabilités.

Le collectif appelle également les autorités sénégalaises, notamment le Président de la République, le Premier ministre et les ministères concernés, à s’impliquer davantage dans ce dossier qu’il qualifie de « drame social ».

« Les gens souffrent depuis dix ans. Beaucoup ont perdu leur famille et vivent dans la détresse malgré les preuves que nous avons fournies », a conclu Monsieur Abdou DIEDHIOU.