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Inauguration du Goethe-Institut Sénégal : un nouveau temple du dialogue culturel à Dakar

Le Sénégal et l’Allemagne ont franchi une étape majeure dans le renforcement de leur coopération culturelle avec l’inauguration officielle du nouveau siège du Goethe-Institut à Dakar. Cette infrastructure de nouvelle génération incarne une vision ambitieuse du dialogue interculturel, de l’innovation et du développement durable en Afrique de l’Ouest.

Présent au Sénégal depuis 1978, le Goethe-Institut marque ainsi un tournant historique avec ce centre d’envergure միջազգային, conçu comme une plateforme d’échanges et de création. Implanté sur un site de 2 700 m², à proximité de l’océan Atlantique, de l’Université Cheikh Anta Diop et du Musée Léopold Sédar Senghor, le bâtiment représente un investissement culturel majeur de l’État allemand hors de ses frontières.

Le nouveau siège porte la signature de l’architecte burkinabè Francis Kéré, lauréat du Prix Pritzker 2022. Il incarne une architecture africaine contemporaine alliant savoir-faire traditionnels et innovations techniques, notamment à travers l’utilisation de matériaux locaux comme la terre crue et des principes bioclimatiques favorisant l’efficacité énergétique.

Le projet est le fruit d’une collaboration entre les ingénieurs allemands de Rebuild.ing, le cabinet dakarois Worofila et plusieurs entreprises locales. L’architecte sénégalaise Nzinga B. Mboup, cofondatrice de Worofila, a joué un rôle clé dans le suivi du chantier et l’adaptation du projet aux normes locales.

Pensé comme un lieu de vie, l’édifice s’organise autour d’un baobab central, symbole de dialogue et de transmission, et propose des espaces polyvalents dédiés à l’apprentissage, à la création artistique et aux échanges intellectuels.

Le Goethe-Institut se veut un véritable laboratoire d’idées, avec une bibliothèque innovante valorisant les savoirs africains et des programmes destinés à soutenir les industries culturelles et créatives.

Ce projet s’inscrit dans la continuité de près de 50 ans d’engagement au Sénégal, notamment à travers le programme PASCH (Écoles partenaires pour l’avenir), qui regroupe plus de 140 établissements scolaires.La cérémonie d’inauguration a été présidée par le ministre de la Culture, Amadou Ba, en présence de plusieurs personnalités, dont : Serap Güler, Kai Baldow, Gesche Joost

Stefanie Peter, l’architecte Francis Kéré,Mme Nzinga B MBOUP, architecte sénégalaise, Aucha Deme, Archiviste culturelle, Des diplomates, acteurs culturels, artistes, membres de la communauté allemande et journalistes ont également pris part à cet événement majeur.

L’inauguration officielle du nouveau siège du Goethe-Institut à Dakar a été marquée par une série d’allocutions fortes, mettant en lumière la portée symbolique, culturelle et diplomatique de cette infrastructure d’exception.

Prenant la parole, le ministre de la Culture, Amadou Ba, a inscrit l’événement dans une dynamique culturelle nationale riche, évoquant notamment les grandes échéances à venir, dont les Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 et les biennales artistiques.

Dans un discours empreint de profondeur historique et philosophique, il a rappelé les liens anciens entre l’Afrique et l’Allemagne, en citant Leo Frobenius et Johann Wolfgang von Goethe, tout en évoquant la pensée de Léopold Sédar Senghor.

Le ministre a salué l’œuvre architecturale de Francis Kéré, la qualifiant de « pensée habitée » et d’« arbre à palabres revisité en architecture », soulignant la fusion réussie entre tradition et modernité.

Il a également insisté sur la nécessité de démocratiser l’accès à la culture au-delà de Dakar, appelant à une meilleure diffusion des actions culturelles dans les régions comme Saint-Louis, Ziguinchor ou Tambacounda. « La culture est un droit », a-t-il martelé, invitant artistes et intellectuels à s’approprier ce nouvel espace.

Pour sa part, la directrice générale du Goethe-Institut Sénégal, Stefanie Peter, a livré un discours empreint de sensibilité et d’ouverture.

S’inspirant des traditions orales africaines et des réflexions de Jacques Derrida, elle a insisté sur le rôle du Goethe-Institut comme pont entre les langues et les cultures.

Elle a rappelé que, malgré plusieurs années sans siège fixe, l’institution a su maintenir ses activités dans des lieux emblématiques comme le Musée des Civilisations Noires ou la Place du Souvenir.

Qualifiant ce nouveau bâtiment d’« immense nouveau départ », elle a invité les Dakarois et les Sénégalais à s’approprier ce lieu, conçu comme un espace ouvert, inclusif et porteur de « Teranga ».

L’architecte Francis Kéré a, quant à lui, exprimé sa gratitude envers l’ensemble des acteurs ayant contribué à la réalisation du projet.

Avec humilité, il a salué l’audace du Goethe-Institut d’avoir opté pour une construction en terre crue, rompant avec les standards classiques en béton et verre.

« Ce choix est un acte de courage », a-t-il souligné, mettant en avant une architecture bioclimatique adaptée aux réalités africaines.

L’architecte sénégalaise Nzinga B. Mboup, cofondatrice du cabinet Worofila, a détaillé le rôle du cabinet dans le suivi du projet et son adaptation aux normes locales.

Elle a insisté sur :

● la préservation du baobab existant sur le site,

● l’utilisation de briques de terre comprimée,

● et l’importance d’une architecture écologique et durable.

Selon elle, ce bâtiment constitue une source d’inspiration pour promouvoir une architecture publique ancrée dans les réalités locales et accessible au plus grand nombre.

Enfin, les interventions ont mis en avant la richesse de la coopération germano-sénégalaise, notamment à travers la formation de générations de germanistes et les opportunités offertes aux étudiants et chercheurs.

Le nouveau Goethe-Institut apparaît ainsi comme un symbole fort de dialogue entre les peuples, mais aussi comme un levier pour renforcer les échanges intellectuels, artistiques et éducatifs entre le Sénégal, l’Allemagne et le reste du monde.

À travers ces discours, une conviction s’impose : ce lieu n’est pas seulement un bâtiment, mais une maison commune du savoir, de la création et de la fraternité.