La Ligue des Ingénieurs du Sénégal (LIS) a face à la presse , ce samedi, pour la présentation de sa vision stratégique et des priorités d’actions, axée sur le thème : « Ingénierie, Innovation et Souveraineté Technique ». Une rencontre stratégique qui a réuni plusieurs acteurs du secteur.
Elle est une association à but non lucratif, qui a été mise en place dans le but de fédérer tous les ingénieurs se sénégalais autour d’un idéal qui est la création d’un ordre national des ingénieurs.

Dans son discours d’ouverture Monsieur, Alassane Seck a posé le décor en soulignant que la transformation du Sénégal ne saurait se limiter à des réformes administratives ou à des alternances politiques. Selon lui, il s’agit d’un défi technique majeur, comparable à la résolution d’une équation complexe, nécessitant méthode, rigueur scientifique et innovation.
Il a mis en avant la nécessité d’adopter une approche systémique du développement, rompant avec les logiques sectorielles. Il a illustré cette vision par l’exemple d’un barrage hydroélectrique, qu’il considère non seulement comme une infrastructure, mais aussi comme un levier énergétique, agricole et environnemental intégré.
Poursuivant son intervention, il a insisté sur le rôle central de l’industrialisation dans la consolidation de l’économie nationale. Rappelant que le secteur secondaire représente actuellement 22,6 % du PIB, il a appelé à une transformation profonde de l’appareil productif, notamment à travers la mécanisation de l’agriculture et la montée en gamme des unités industrielles.
L’ingénieur a également mis en exergue l’importance de l’optimisation à l’ère de la quatrième révolution industrielle. Pour lui, la donnée constitue désormais le cœur du développement, et son exploitation à travers des outils d’intelligence artificielle permettra d’améliorer la gestion des ressources et des infrastructures.
Autre axe majeur abordé : la transition énergétique. Alassane Seck a plaidé pour une stratégie équilibrée combinant l’exploitation des ressources gazières et le déploiement des énergies renouvelables, afin de garantir un coût de l’énergie compétitif et durable pour l’industrie nationale.
Mais au-delà de ces enjeux, c’est la question de la souveraineté technologique qui a constitué le fil conducteur de son discours. Il a appelé à un changement de paradigme, invitant le Sénégal à passer du statut de consommateur à celui de concepteur de solutions technologiques. « Un pays qui importe ses solutions reste vulnérable », a-t-il averti, plaidant pour la promotion du contenu local et la valorisation du génie sénégalais.
De son côté, le secrétaire général de la LIS, Mouhamed Dia, a présenté l’architecture organisationnelle de la Ligue ainsi que son ambitieux plan d’action. Structurée autour de plusieurs départements stratégiques , organisation, insertion professionnelle, planification, communication, finances et recherche , la LIS entend renforcer sa présence sur l’ensemble du territoire et dans la diaspora.
L’accent a également été mis sur la jeunesse, avec des initiatives visant à faciliter l’insertion professionnelle des jeunes ingénieurs, à promouvoir l’excellence à travers des concours nationaux, et à développer des partenariats avec les entreprises et institutions.
À travers ce programme, la LIS ambitionne de devenir un partenaire technique de référence pour l’État, en contribuant activement à l’élaboration et à l’évaluation des politiques publiques, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’énergie et de l’innovation.
Cette conférence de presse aura ainsi été l’occasion pour la Ligue des Ingénieurs du Sénégal de réaffirmer son engagement en faveur d’un développement fondé sur la compétence locale, la maîtrise technique et l’innovation. Un appel fort à la mobilisation des ingénieurs, au moment où le Sénégal amorce des mutations économiques et technologiques majeures.












