Portrait: Marie Dasylva ou le combat pour le racisme et le sexisme

Marie Dasylva, coach de vie, a déclaré la guerre aux discriminations. Elle estime qu’il n’y pas de soutien pour les femmes subissant le racisme et le sexisme en France.

L’entrepreneure Marie Dasylva a fait de l’empowerment des femmes « racisées » en entreprise son fer lance. Zoom sur son concept d’agence de coaching dédié aux employées, étudiantes et chefs d’entreprise noires. Elle élabore des stratégies pour aider étudiantes et professionnelles à lutter contre les discriminations auxquelles elles font face au quotidien.

C’est en partant de sa propre expérience que la coach de survie, comme elle aime se définir, âgée de 34 ans, a décidé d’élaborer des stratégies pour aider les femmes « racisées » à s’armer dans l’environnement professionnel. Les « vécus traumatiques » au travail, Marie Dasylva sait ce que c’est.

Elle a longtemps officié dans le secteur du luxe avant d’être licenciée. Très vite, les questions raciales et de genre se sont posées. « Ca a été très dur, j’ai fait une dépression. Puis, je me suis relevée et j’ai décidé que le bagage émotionnel n’allait pas prendre le dessus », confie cette battante dans l’âme. J’ai eu d’abord besoin d’exorciser mes humiliations », complète celle qui a fondé sa méthode de coaching sur « le savoir de lutte ».

Une technique empirique qui a d’abord germé sur papier. « Je me suis souvenue de ce collègue qui m’avait mis la main dans mon afro sans me demander la permission… J’ai écrit l’épisode sur la page de gauche d’un cahier et rédigé la réaction que j’aurais dû avoir à ce moment-là sur celle de droite », raconte aujourd’hui l’entrepreneure.

Marie Dasylva a passé une année à coucher sur papier les difficultés rencontrées au travail et celles de son entourage féminin dans son « journal de pouvoir ». Et c’est en formulant des stratégies d’auto-défense et d’attaque pour chacune des situations, qu’elle s’est relevée du ring. Pas question pour cette warrior engagée, proche de l’afro-féministe Laura Nsafou avec qui elle a organisé des workshops baptisés « Femmes noires et travail », de rester K.O.

Marie Dasylva est vite passée à l’action, de la théorie à la pratique, en créant la structure Nkali (« se réapproprier sa narration », en Igbo). « J’avais envie de pouvoir coacher comme moi j’aurais aimé être coachée », avoue-t-elle.

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