OM-Athletrico: Marseille en quête d’un second sacre européen, 25 ans après

Marseille ne part pas favori de la finale de la Ligue Europa, loin de là. Mais les Phocéens croient en leurs chances, aussi infimes soient-elles.
Au regard de l’histoire récente, retrouver l’OM en finale de la Ligue Europa face à l’Atlético de Madrid est une épatante aberration sportive tout autant qu’une lumineuse évidence. Ainsi va ce club atypique, condamné mercredi soir à vaincre pour être assuré de regoûter, en septembre, à la Ligue des champions inscrite à son palmarès il y a 25 ans. À Lyon, dans l’antre du rival olympique, Marseille va chercher à jeter deux ponts. Le premier en direction d’un passé glorieux, le second vers un futur proche supposé en faire de façon récurrente un prétendant aux hautes distinctions.

Le défi est énorme. Car pour se laisser séduire, la Coupe d’Europe exige autre chose que le seul talent. Il lui faut le caractère, l’envie et la malice. Ça tombe plutôt bien car l’OM actuel a remporté certains de ses succès en assénant des contres parfois mortels à ses adversaires. Il a aussi profité de circonstances favorables, comme l’illustre sa qualification arrachée à Salzbourg. Il n’y a d’ailleurs pas lieu de s’en offusquer : ce n’est pas si facile à réaliser et tellement d’autres fracassent régulièrement leurs illusions sur le front européen.

Bloquer le jeu espagnol

Mais pour prétendre dompter les Colchoneros d’Antoine Griezmann, l’ami d’en face, l’OM devra surtout résoudre une équation complexe, jugée insoluble par beaucoup, qui exige le blocage du jeu espagnol, l’affirmation d’une supériorité athlétique, notamment dans l’entre-jeu, et l’exploitation au moins d’un contre. Tout dépendra aussi, à chaque extrémité du terrain, du rendement de Mandanda, Payet et Thauvin, les hommes clés du dispositif phocéen.

Au-delà des acteurs, l’OM possède aussi ses souvenirs et ses repères. Ce passé montre qu’aucune ambition, même la plus haute, ne lui est interdite. Son aîné de 1993, battu d’avance sur la feuille de match, ne s’était-il pas imposé à l’italienne face à l’AC Milan en lui empruntant ses points forts pour mieux insister sur ses faiblesses (1-0) ? Alors bien sûr, la C3 n’a pas le prestige de la C1, mais elle est bonne à prendre. Bien sûr, Lyon n’est pas Munich et l’OM 2018 n’a pas grand-chose à voir avec celui des Deschamps, Desailly, Pelé ou Boksic. Mais le club olympien est à quatre-vingt-dix minutes d’un final grandiose. Parce que le grandiose naît souvent de l’inattendu.

Facebook Comments
Twitter Auto Publish Powered By : XYZScripts.com