Mary Teuw Niane: « L’Afrique doit instaurer une charte de libre circulation des cerveaux »

« Imaginer un avenir de la science, de la technologie et de l’innovation pour l’Afrique dans le contexte des ODD et de l’Agenda 2063″. C’est sur ce thème que le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a participé à la 51ème session de la Commission économique africaine des Nations unies à Addis-Abeba. Selon Mary Teuw Niane, l’Afrique, à l’instar de l’accord créant la Zone de libre Échange africaine (ZLEC), doit instaurer une charte de libre circulation et de libre installation des cerveaux »

Partant d’une analyse comparative entre les pays africains et certains pays asiatique ayant connu des croissances fortes et soutenues, le ministre de l’Enseignement supérieur est d’avis que les choix de politiques de développement des pays africains au début des indépendances étaient insuffisants ou n’avaient pas pu être appliqués.

En dépit de ce retard constaté, Mary Teuw Niane se dit heureux que l’Union Africaine, en plus de l’adoption de l’Agenda 2063, ait posé plusieurs actes notamment l’adoption du document Science, Technologie et Innovation pour l’Afrique, Stratégie pour 2024 (STISA 2024), la création du Comité des dix Chefs d’États pour la Promotion de l’Éducation, de la Science et de la Technologie, la création du Comité Technique spécialisé Éducation, Science et Technologie (CTS EST), etc.

« L’Union africaine indique ainsi clairement aux pays africains que l’éducation, la formation, la science, la technologie et l’innovation sont les voies à suivre pour le développement », a-t-il dit avant d’ajouter que: « l’’Union africaine est renforcée par l’adoption par les Nations-Unies des Objectifs du Développement durable (ODD) qui créent un cadre, accepté au niveau mondial, de promotion d’un développement bénéfique pour toutes les populations, dans l’équité, le respect et la préservation de notre environnement pour les générations actuelles et celles à venir ».

A l’en croire, « le Continent se trouve donc face à un nouveau défi auquel n’ont pas fait face les pays européens, les États-Unis d’Amérique et même les nouveaux pays émergents d’Asie : construire son développement dans le respect des droits humains, dans la démocratie, la bonne gouvernance, dans le respect de l’environnement ».

Pour sa part, « l’Afrique, a les moyens de relever ce défi humaniste et inédit grâce à l’éducation, la formation, la science, la technologie et l’innovation ».

« Il suffit pour s’en convaincre, d’examiner certaines particularités de l’expérience de développement accéléré en cours au Sénégal à travers son cadre de référence des politiques publiques, le Plan Sénégal émergent (PSE),et de mettre en exergue quelques-unes de ses réussites et ses réformes qui pourraient être partagées », a expliqué Mary Teuw Niane.

Selon le ministre de l’enseignement supérieur de la Recherche et de l’Innovation, au delà de l’éveil des consciences et de sa jeunesse qui constituent un atout certain, « l’Afrique, à l’instar de l’accord créant la Zone de libre Échange africaine (ZLEC)signé en mars 2018 à Kigali, devrait instaurer une charte de libre circulation et de libre installation des cerveaux ».

« Le Sénégal a franchi un premier pas en supprimant la condition de nationalité pour le recrutement au sein des universités, des enseignants chercheurs et des chercheurs, faisant de ce corps le seul dans la fonction publique sénégalaise où la nationalité n’est pas exigée », explique-t-il.

Peut-on soutenir de manière durable la priorité de développement de l’agriculture si elle n’est pas accompagnée du développement des ressources humaines de qualité sur toute la chaine de valeur et imprégnées d’une culture de développement durable, d’agro-écologie, de préservation de la biodiversité et de l’environnement ?, s’interroge Mary Teuw Niane qui ajoute que: « l’agriculture pourrait bien servir de modèle de politique intégrée de transformation structurelle de l’économie via l’éducation, la formation, la science, la technologie et l’innovation ».

A ce titre, il explique que la réforme de l’Enseignement supérieur suite aux onze décisions prises par Son Excellence le Président de la République Monsieur Macky Sall a profondément transformé le tableau à travers la création de nouvelles filières ou d’Unités de Formation et de Recherche dans divers domaines du secteur agricole comme l’agroforesterie, l’agro-écologie, les métiers verts, la production végétale, la production animale, la production laitière, l’aquaculture, la gestion des ressources halieutiques, l’irrigation, le machinisme agricole, la chimie appliquée à l’agriculture, la biotechnologie, etc.

En sus de cela, cite Mary Teuw Niane, quatre instituts supérieurs d’Enseignement professionnel (ISEP),dédiés à l’agriculture, sont créés pour former des techniciens supérieurs niveau Bac+2 avec une pédagogie innovante qui alterne étude et entreprise et qui, en classe, reproduit les situations de travail.

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