Témoignages : Quand des lycéens se souviennent de leurs mésaventures

Devant le lycée  Nalandu Diouf  à Mermoz  de  petits groupes de jeunes  filles se forment çà et là.   A l’heure de la pause, l’occasion est saisie pour  tromper la faim.  Entre casse-croute et sandwich  les choix sont multiples.  Ces jeunes filles pour la plupart sont réfractaires   aux personnes étrangères.  Ici le micro disperse les  groupes, mais il  faut quand même  répondre aux certains et certaines volontaires semblent intéressées par le sujet. «  C’est justement  votre comportement qui motive ce reportage, voire ses règles c’est ce qu’il y a de plus naturel  ça fait partie de notre  corps et nous devons en parler surtout que c’est entre femmes » conseille Charlotte.  Elle se lance tout de même avec un petit gène au début mais  progressivement, elle finira par conter son histoire…

« C’est mon petit ami qui m’a expliqué »

Aujourd’hui en classe de Terminale, Charlotte se souvient del’histoire de ses premières règles comme si c’était aujourd’hui. En sixième déjà, elle avait un petit ami à l’image de ses amis mais, ignorait encore tout du cycle menstruel. « C’était un dimanche on  revenait de la messe  de l’église. Sur le chemin je me plaignais de  douleurs au bas ventre qui ont duré toute la nuit.  Mon copain qui faisait la troisième  m’a dit que  c’est possible que ce soit des règles. Ils ont appris en classe de quatrième  qu’à partir de 12-14 ans la fille  voit ses règles. Le cycle menstruel était  une des manifestations   pendant la puberté, j’avais juste 13ans et j’étais en classe de sixième secondaire.   Allant plus loin, il m’a expliqué que ça fait partie du programme   d’économie familiale en troisième et de Biologie en quatrième ».  L’écoulement sanguin  dont le petit copain a fait allusion a fait peur à la terminaliste très jeune  à cette période. «  Pour que le  sang coule, il faut systématiquement une blessure. C’était ma conception  des choses  à l’époque et  naturellement, j’avais peur. Une fois à la maison je me suis précipité dans les toilettes pour voir si c’était le cas. Heureusement j’avais juste des maux de ventres pas un écoulement mais pour clarifier la situation j’ai parlé avec ma mère qui a demandé à ma grande sœur de m’expliquer tout le processus. Je n’ai pas eu l’effet de surprise et au fur et à mesure j’ai pris le temps de beaucoup comprendre » explique-t-elle.

«  C’est effrayant  de se réveiller sur un drap  en sang »

Elles sont nombreuses les jeunes filles qui réveillent embourbées dans un sous-vêtement  mouillé de sang et le drap tacheté.  C’est le cas de Mariama Sow élève de première au lycée d’excellence Seydou Nourou Tall.  Trouvée devant son établissement   discutant  grassement avec le vendeur de fruits exotiques,  cette métisse parle  de son cycle menstruel avec  aisance. «  Je n’éprouve aucune difficulté à parler de mes menstrues, mais cela n’a pas été le cas depuis toujours » dit-elle.  Sur sa première fois c’est  à la limite une histoire drôle pour elle. Mariama  n’a pas pu s’empêcher de rire aux éclats. «  Vous ne devinerez même pas ce qui m’est arrivée ce  matin-là » nous lance-t-elle.    Elle a vu ses premières règles une nuit sans signes précurseurs, en tout cas à son niveau. «  C’était les grandes vacances  à l’ouverture j’allais  faire  la quatrième.  J’ai passé une nuit difficile et parce que  j’avais mangé  des mangues le soir, je pensais que  mes maux de ventre étaient dus à cela. Aussi je n’ai pas eu le courage de réveiller ma mère de peur de subir des reproches. Mais quand je me suis endormie, j’ai eu des écoulements, il faisait chaud j’étais nue et le drap était en sang. Le matin à l’aube j’ai senti que le drap était mouillé. J’ai allumé la lampe  et suis tombé sur une grosse tache  de sang. J’ai tripoté mon corps de long en large et j’ai constaté la provenance. J’ai tellement hurlé que toute la maison s’est  réunie  dans ma chambre.  Et quand tout le monde  me regardait en riant, j’ai  dit que quelqu’un m’a violé…  Quand tout s’est calmé maman m’avait expliqué » se souvient-elle.

« J’ai vu mes premières règles en plein cours en quatrième »

En classe de quatrième, quelques jours avant que le professeur de sciences naturelles ne fasse le cours sur la puberté et le cycle menstruel, Amina a été  surprise  en classe par un écoulement sanguin. «  Notre professeur d’espagnol faisait sa prise de contact,  et après s’être présenté, il a demandé à chacun  de se lever de décliner son identification et son établissement  d’origine pour les nouveaux. Quand je me suis levée, un élève qui était derrière moi a simplement dit   tes habits sont tachés de sang e tous les yeux s’étaient tournés  vers moi » raconte-t-elle  avec amertume.  A la fin du cours,  la jeune fille malgré les conseils de son professeur et l’insistance de sa meilleure amie, elle avait refusé de sortir de la classe. «  C’est elle qui a appelé ma mère qui est venue me prendre et ensuite on m’a expliqué ce qu’étaient les règles chez la femme » ajoute Amina. Qui notifie cependant que jusque-là elle a un complexe quand il s’agit pour elle d’aller acheter ses serviettes hygiéniques au moment de ses menstrues. «  C’est maman qui  en acheté pendant ses courses » renseignent-t-elle.

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