OUSMANE NDIAYE SOCIOLOGUE:  les ‘’badiénes’’ jouent un rôle déterminant

Il ne parle  pas de tabous mais d’une pudeur qui empêche les parents de discuter sexualité avec  leurs enfants. Ousmane Ndiaye sociologue est dans le cadre  d’un entretien, revenu sur l’importance des  tantes paternelles dans la communication sexuelle et  la stigmatisation qui existe pour celles qui vont chercher la bonne information au niveau des centres conseils.

 Les modifications à caractères sexuels  chez la jeune fille sont d’ordre naturel. Les premières règles cependant sont souvent une surprise  chez elle. Pourquoi les tabous de la société empêchent souvent les parents d’en parler  pour les préparer à ça?

 

D’abord, il faut préciser qu’un tabou est une prohibition, dont la violation peut entrainer des conséquences négatives à l’échelle sociale. Donc, s’entretenir avec ses enfants de questions sexuelles n’est pas un tabou. Disons par contre qu’en Afrique, au Sénégal en particulier, les relations entre les parents et les enfants sont teintées d’une pudeur telle qu’il parait improbable de discuter de sexualité en général. Alors les premières règles sont une surprise chez la jeune fille? Oui. Est-il souhaitable que les parents en parlent avec elles pour éviter certaines déconvenues? Oui. Pourquoi ne le font-ils pas? Les usages, les us et coutumes, la tradition imposent une pudeur forte dans les relations entre parents et enfants. Parler de menstruation à sa fille devient donc délicat.

 La tendance est maintenant  d’orienter  ces filles chez les  » Badianes pour cette communication  qui revêt  une importance capitale?

Le rôle joué par les badienes dans les familles est connu.  Elles sont dans  une certaine mesure dépositaire de l’histoire de la famille du côté du père, donc elles jouent le rôle d’un second père. Leur communication directe est très acceptée dans les familles, ils peuvent donc légitimement aider dans la communication sexuelle.

 Le cas inverse est que les jeunes filles aussi ont un complexe de fréquenter les centres de conseil ados pour en parler. Elles n’en parlent pas non plus avec  leurs parents, même entre elles c’est difficile. C’est quoi l’explication? 

Je ne suis pas trop d’accord, la communication entre filles sur la sexualité est très courante. Dans les écoles et universités, sur les forums et dans l’intimité de leur chambre, les filles discutent de leurs problèmes sexuels. Maintenant est ce qu’elles se donnent la bonne information, rien n’est moins sûr. Quant à se déplacer physiquement, c’est moins évident. Les gens évitent si possible de fréquenter les endroits comme les Centres de Conseil ADO parce que le risque de stigmatisation est réel. C’est en ce sens que les numéros verts et les sms constituent des moyens de communication efficace.

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