L’Enfer du Second Mandat

Présidentielle 2019 – Idrissa Seck Candidat De Mankoo

En investissant Idrissa Seck à la présidentielle de 2019, Bamba Fall a ouvert les portes de l’enfer pour une opposition en perte de leader et pavé la voie d’un second mandat pour le candidat sortant.

Le Grand parti (Gp) de Malick Gakou a compris quel était le danger en cas de confirmation de la proposition du maire de la Médina et s’est rapidement manifesté en avançant son propre leader comme candidat à la présidentielle de 2019 ; le maire de la Médina a en effet avancé le 3 janvier dernier l’alternative Idrissa Seck comme choix de la coalition Mankoo Taxawu Senegaal en cas d’empêchement de Khalifa Sall, le maire de Dakar dans les liens de la prévention depuis le 7 mars.

D’autres éléments de la coalition ont également manifesté leur surprise et leur désapprobation devant ce qui apparaît un défaitisme d’un maire pourtant allié solide de Khalifa Sall présumé encore innocent jusqu’à son procès fixé au 23 janvier prochain : à leurs yeux, le maire de Dakar reste un excellent candidat, dans un processus de solidarisme social avec celui en butte au pouvoir central, comme cela se vérifie depuis vingt ans avec Djibo Kâ, en 1996, Abdoulaye Wade, en 2000, et Macky Sall en 2012.

Aussi bien Idrissa Seck que Malick Gakou pavent ainsi la voie au candidat de la majorité, tant leur candidature pose problème, à l’analyse : ils sont sans score appréciable, autant pour l’homme de Guédiawaye que pour le Thiessois. Le challenger de Me Wade arrivé second en 2007 a dû se contenter d’une cinquième place en 2012, son score se divisant par deux, passant de 14 à 7% ; au niveau local, bousculé dans la ville à avec l’érosion de son électorat, il s’était réfugié en 2009 sur le département, laissant la ville à Talla Sylla, dans une sorte de pari sur le lendemain dont il a le secret depuis sa mésaventure avec le président Abdoulaye Wade en 2007.

Le choix ne fut pas des plus heureux des deux côtés : la densité morale a été plus forte en milieu péri-urbain qu’à Thiès-ville et les locales du 30 juillet l’ont démontré : la chute fut terrible dans le département et seule la périphérie (mairies d’arrondissement) est venue au secours d’un Idrissa Seck dont l’ancien allié ne voulait plus ; dans son euphorie, Talla Sylla a comparé l’électeur sénégalais à un Juif qu’il faut préserver de la boulimie d’un Fürher.

De son côté, malgré la délicatesse d’une situation nationale, Malick Gakou a montré ses limites à Guédiawaye et prouvé que sa légitimité relative relevait de sa proximité avec Moustapha Niass et l’Alliance des Forces de Progrès (Afp) ; en outre, comme avec Idrissa Seck, il serait victime d’une sorte de deal qu’il aurait passé avec le pouvoir en favorisant l’élection de Aliou Sall à la mairie de Guédiawaye, d’après ses propres regrets tardifs.

Mankoo, de façon unilatérale ou multi, est ainsi de plus en plus dans la division d’une opposition affaiblie par le pouvoir avec Niass et Tanor en bouclier ; le Parti démocratique sénégalais (Pds) de Wade devient alors le faiseur de roi, faute d’une alternative crédible dans l’échafaudage de ses différentes perspectives (Plan ‘’A’’, ‘’B’’ ou ‘’Epsilon’’)  : même enlisé dans son score historique de 20%, il devient le socle le plus solide pour mutualiser les points de l’opposition pour imposer un second tour au pouvoir. Avec le syndrome Diouf en 2000 et Wade en 2012,…

Pathé MBODJE

Journaliste, sociologue

Blog : http ://koccbarmafall.skyrock.com

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