Zimbabwe : Le masque des putschistes tombe enfin

Même quand le chat est en costume-cravate, la souris le reconnait toujours, dit une blague africaine.

On peut affirmer maintenant que lorsque Mnangagwa a été chassé par le G-40 de Grace Mugabe, toute la structure politique zimbabwéenne a eu le grelot. La purge ne faisait que commencer pour dégager la route à la dame. L’armée a vite pris les devants, mais comme les militaires sont interdits de renverser un régime politique aussi décrié que celui de Robert Mugabe, le général Chiwenga a pris précautionneusement les dispositions pour maquiller le putsch.

Il avait donné l’impression que Mugabe était d’accord avec ses proches de s’en aller quand il a fait descendre des Zimbabwéens à bout de souffle dans la rue. C’était mal connaître le vieux briscard de Mugabe, qui a roulé tout le monde dans la farine lors de son discours de démission prononcé devant les généraux.

Mais à la surprise générale, Mugabe dont ont dit qu’il n’avait pas toutes ses facultés, avait toutes ses facultés intactes pour les rouler de façon inattendue en disant que lors du prochain congrès du parti, les choses seront dites. Deux jours plus tard, renversement de la situation.

Au stade de Harare plein comme un œuf, ce n’est pas Robert Mugabe qui a annoncé sa démission mais un gus qui a lu le discours de démission. Depuis, personne n’a entendu et vu Mugabe ou un membre de sa famille. Où sont-ils ? Que sont-ils devenus ?

Voilà que le général Chiwenga est nommé Vice-président de la ZANU-PF. Dans la réalité, n’est-il pas l’homme fort du Zimbabwe ? Si tel est le cas, Mnangagwa n’est qu’un fondé de pouvoir ou une marionnette, dont les ficelles sont tirées par l’armée. Le jeu est subtile mais vu l’engouement des masses populaires zimbabwéennes, les choses vont bientôt se tasser, si les réformes vont dans le sens de l’apaisement et si la démocratie s’instaure, et qu’elle nécessite l’implication du multipartisme. La ZANU-PF a gouverné pendant 37 ans sans que le Zimbabwe ne voie le bout du tunnel.

Il faut s’attendre à ce que l’opposition au Zimbabwe se fasse entendre bientôt. Les observateurs sont curieux de voir comment le pouvoir des militaires va se comporter et s’il va jouer le jeu du multipartisme. Une autre caporalisation du pouvoir serait un mauvais signe qui présage que le pays n’est pas encore sorti de l’ornière. Que l’on ne se leurre, les militaires sont bel et bien aux commandes au Zimbawe.

En attendant, personne ne semble bouger un petit doigt. Que les Zimbabwéens se débrouillent tout seuls ? La question reste posée.

Avec Newsorg

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