Tanor  Khalifa Sall : Léopold Sédar Senghor, le seul trait d’union

A-t-on atteint le point de non retour entre le PS originel et les pro Khalifa ? A la lecture de l’hommage particulier qui lui a été rendu hier, Léopold Sédar Senghor (9 octobre 1906 – 20 décembre 2001) s’est retourné dans sa tombe.

En cette matinée du mercredi 20 décembre, le cimetière de Bel-Air a été le théâtre de contradictions d’un seul camp : le Parti socialiste.

Le 16e anniversaire de la disparition de son père fondateur a étalé la haine entre pro Tanor et pro Khalifa. D’un côté, il y a le secrétaire général du Ps, par ailleurs président du Haut conseil des collectivités territoriales (HCCT), Moustapha Niasse, président de l’Assemblée nationale et leader de l’Alliance des forces de progrès (AFP), et leurs délégations respectives, main dans la main. De l’autre, les maires Idrissa Diallo (Dalifort-Foiral) et Banda Diop (Patte d’Oie), entre autres.

« En cette période de crise, Senghor doit… »

« L’homme de dialogue qu’est Senghor doit être visité en cette période de crise. Il a fait de sorte que le Sénégal soit un pays de dialogue et de ‘’Teranga’’. En ce moment de crise, nous allons, à ce niveau là, voir ce qu’il a dit sur l’importance de la concertation. De ‘’Disso’’ comme il disait. Nous revenons toujours fortement ému, fortement dopé pour continuer ce travail qu’il nous a légué en tant qu’héritiers », a témoigné Ousmane Tanor Dieng, aux côtés du président de l’Assemblée nationale. Lequel, même s’il n’est plus au PS, demeure convaincu de la discrète générosité du défunt.

« Jusqu’à sa mort, cet homme resta debout, semant avec hauteur et élégance la graine créatrice des fondamentaux de la culture et du dialogue, facteurs de paix, de concorde et d’entente entre les peuples, les nations et les ères de civilisations », mentionne Moustapha Niasse.

« Nous serons mutuellement dopés »

Pour lui, Léo, le poète, a tout le temps dit le fond de ses options en matière d’échanges entre les peuples et civilisations comme éléments porteurs d’un dialogue fécond, dans la paix et avec générosité, mais aussi dans les situations de conflit ou de guerre, pour arriver à la civilisation de l’universel, par le biais du métissage biologique et culturel.

« Je n’ai aucun doute qu’au terme de ce colloque, maintient-il, nous nous serons mutuellement dotés, les uns et les autres, de leviers nouveaux d’analyse des bases d’une inspiration et des composantes de l’œuvre de l’homme Senghor. »

Et d’en dire un peu plus sur son compagnonnage avec Léopold Sédar Senghor : « Je l’ai accompagné près de 200 fois lors de ses voyages à l’étranger – 198 fois exactement – du 4 mars 1970 au 31 décembre 1980. Je ne l’ai plus quitté depuis que je l’ai connu, le 5 mai 1957 à Saint-Louis, je me trouvais alors en classe de seconde au lycée Faidherbe. Aujourd’hui encore, je lui reste fidèle par l’amitié, l’admiration, mais aussi par la lecture et le souvenir, la méditation et la pensée. »

« Une dimension qui nous dépasse »

« L’éducation, l’industrie, l’agriculture étaient ses domaines de prédilection. Même si on disait qu’il a trop fait dans la culture. Sur le plan intellectuel, également, c’est un homme d’une autre dimension qui nous dépasse », soutient de son côté Idrissa Diallo.

Si les deux parties s’accordent sur la dimension humaine extraordinaire du premier président du Sénégal indépendant (1960-1980), ils se renvoient la balle quant à la préservation de son héritage.

La vérité semble sortir de la bouche de Bassirour Samb, responsable des jeunes pro Khalifa : « Dans ces moments de turbulence politique, nous, socialistes, devons revisiter et contextualiser la pensée de Senghor. »

 

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