PROCES DE KHALIFA SALL : les inquiétudes  de la Cos/ M23

La Commission Orientations et Stratégies COS/M23 exprime à l’opinion nationale et internationale ses inquiétudes et préoccupations liées au procès du Député-maire, Khalifa Ababacar SALL, accusé de détournement de deniers publics, escroquerie et blanchiment de capitaux, entre autres chefs d’inculpation.

A l’instar de plusieurs organisations ou acteurs politiques et de la société civile, la COS/M23 accorde une extrême importance à ce procès compte tenu non seulement des responsabilités et des fonctions qu’occupe le mis en cause dans notre pays, mais aussi et surtout compte tenu de tous les manquements qui ont été notés dans la procédure. En effet, ne serait-ce que le statut de Maire de la capitale du Sénégal, les responsabilités qu’a occupées  et continue d’occuper M. Khalifa Ababacar SALL aussi bien au Sénégal qu’à l’extérieur, devraient amener le maitre des poursuites à lui épargner, et à épargner aux sénégalais le cauchemar de sa détention que nous avons trouvée sélective et avons condamnée à plusieurs égards.

Ensuite, son statut de Député lui donnait de facto le droit à la liberté, et de se défendre devant ses pairs avant la levée de son immunité. Nous regrettons que l’Etat du Sénégal ait foulé au pied toutes ces considérations au profit d’un simple jeu qui a une forte dose de politique.

Au vu de cette démarche dénoncée et contestée par la plupart des Sénégalais, au vu de la violation manifeste des dispositions de la Constitution du Sénégal en son article 61 et du Règlement Intérieur de l’Assemblée nationale en ses articles 51 et 52, la COS/M3 reste pessimiste à un procès juste et équitable, et attire l’attention de l’opinion contre d’éventuelles autres forfaitures dans ce procès.

Au delà de ces vices de formes et de fonds manifestes, la COS/M23, dénonce le silence voire la complicité des juridictions compétentes qui ont été saisies pour dire le droit en toute impartialité.

La COS/M23 dénonce vigoureusement « la violation du secret de l’instruction de ce dossier ». L’entité  juge très maladroit de voir circuler dans certains organes de presse les procès-verbaux d’auditions de certains coinculpés de Khalifa SALL. Ces coupures de procès-verbaux n’ont d’objectifs que de nuire à la réputation du prévenu, et de préparer les Sénégalais à la condamnation un honorable et honnête citoyen avant de le juger. «  Tous ces actes posés nous confortent dans nos doutes quant à une issue heureuse de ce marathon politico-judiciaire qui frôle la manipulation de l’opinion, une forfaiture et une violation flagrante des droits de M. Khalifa Babacar SALL. Nous n’aurions pas tort de croire que dans son fonctionnement et les actes qu’elle pose, la Justice sénégalaise perd de plus en plus la confiance du peuple sénégalais pour qui et au nom de qui elle rend ses décisions. Par conséquent, elle ne rassure guère le justiciable quant à son impartialité et son indépendance » note-t-on dans le communiqué.

Dans la même veine, « sans parti pris ni pour un camp ni pour un autre, la COS/M23 souligne encore une fois l’absence totale de l’équité et le traitement égalitaire devant la loi sénégalaise, des différents justiciables ». Et de constater, que la gestion des dossiers et affaires judiciaires souffre d’un caractère préférentiel et sélectif, et d’un manque d’objectivité manifeste, au gré de l’identité et la position des mis en causes ; un état de fait à combattre absolument pour rendre le Droit impersonnel et général, selon ses principes originels. Ainsi, la COS/M23 interpelle une fois de plus les acteurs de la Justice sénégalaise et en appelle à leur sens de la responsabilité et de l’objectivité dans le cadre de ce procès.  Avant d’exiger des juges en charge de ce dossier de se démarquer de tous liens subjectifs et complaisants, de rendre des actes qui ne feraient l’objet d’aucune contestationde la part des différents acteurs concernés par cette affaire. Enfin, la COS/M23 lance un appel solennel aux différents acteurs du pouvoir, de l’opposition, de la société civile, pour de véritables concertations sur le fonctionnement de la Justice sénégalaise, quant à une démarche qui respecte les principes qui fondent ce pouvoir.

 

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