CONFIDENCE D’UNE FEMME VIVANT AVEC LE VIH

Elle  vie avec  le Sida et participe à la lutte en tant médiatrice.
Mayna Ba intervient dans la prise en charge et  facilite les relations
entre ses pairs et les praticiens.   Elle garde l’optimisme mais ne
pense cependant pas que  le tatersen  soit réalisable d’ici 2030. Pour
elle, le sida est loin d’être derrière nous…
Dans   la salle de réunion des acteurs communautaires de la région
de Sédhiou, une pléthore de journaliste attend impatiente.  C’est une
dame, pleine de vie,  le regard jovial, affichant une petite timidité,
qui se présente. Une belle camisole bleue aux broderies blanches casse
bien son teint clair de Halpoular. Mayna Ba,   taille moyenne, est
trésorière générale dans une  association de personnes  vivant avec le
VIH Sida  dans la région de Sédhiou.  Originaire de la Guinée, elle
est porteuse du  virus depuis 2010.  Elle  déclare être prête à se
confier, mais pas devant les caméras. Les projecteurs éteints, elle se
donne à cœur ouvert.   Pour sa présentation, Mme Ba  cherche d’abord à
mettre à l’aise. Le ton ironique,  le sourire au coin, elle notifie :
« j’ai quinze ans,  vous dire mon âge ne me dérange pas ».  Sans doute
est-elle consciente que l’on peut se tromper sur son âge. Mayna a
soufflé  ses 35 bougies mais, on  lui aurait donné 25 à première vue.
Plus sérieuse, elle affirme  être  mariée et  mère de cinq enfants et
accepte sans  commune mesure le destin que lui a réservé «  le bon
dieu ».  «  Apprendre qu’on n’est séropositif  n’est pas facile, au
début on a mal, ensuite on essaie de faire avec, mais  finalement on
finit par comprendre sa destinée  et apprend à vivre avec  de manière
normale » explique-t-elle sans détours.
Pendant une sensibilisation  sur le dépistage, elle  prend  la
décision de connaitre son statut sérologique. Elle sera informée de sa
séropositivité.  Cette  année  elle intègre  ladite association qui
n’avait qu’une  cellule. «  Aujourd’hui on couvre l’ensemble de la
région ». Le courage dans les deux mains la jeune dame a compris que
le Sida  est une maladie comme les autres surtouts avec les avancées
de la médecine.  Elle en parle  avec  son époux qui  accepte le sort
de sa femme.   Concernant son entourage Mayna garde son  secret pour
elle.  Non par peur d’être stigmatisée mais  cherche une protection
pour sa famille. «  Je ne voudrai pas qu’on  pointe du doigt mes
enfants et mon époux d’autant qu’ils se portent bien. Je vous  ai fait
attendre  parce que je devais faire à manger aux enfants, ils étaient
à l’école. Et   je travaille comme médiatrice, c’est pourquoi, face au
manque de temps je cuisine le matin avant d’aller au travail. Je tiens
à ma famille » explique-t-elle.
Dans la médiation qu’elle joue entre les patients et les médecins
mais aussi dans la sensibilisation, Mayna garde simplement un bout
d’optimisme. «  Les choses ont changé, les fonds se font  rares. Les
bailleurs se retirent progressives. La décentralisation qui passe pour
le meilleur moyen de vaincre la maladie marche au ralenti et d’un
côté. C’est pour cette  raison que je dirai que ça marche simplement à
50% » dit-elle.  Cependant elle notifie  que  jusqu’à présent  le VIH
est  ignoré par certains qui le prennent  comme  une utopie. Les
perdus de vue dans le cadre des traitements se comptent au pluriel et
sont une preuve de la perte  d’espoir. Elle  pense même que malgré les
efforts qui se  font et les résultats obtenus, le Sida est loin d’être
derrière nous….
NB: le nom a été changé

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