Gamou 2017: Portrait de Sayda Mariama Niasse USA, sur les traces de Baye…

N’eut été son nom de famille, et les traits de ressemblance qui trahissent merveilleusement sa volonté de passer et demeurer disciple d’El Hadj Ibrahima Niasse, Cheikh Al Islam, elle aurait réussi à dissimuler son identité sous la simplicité et l’humilité de la dévouée croyante. Elle s’est abreuvée très tôt à l’intarissable source de savoir qu’est son père, Baye, d’où elle a puisé les viatiques et l’inspiration pour sa mission de propager l’éducation au Sénégal, en Afrique et dans le monde. « Les enfants doivent être éduqués pour devenir de bons musulmans, de bons chrétiens, de bons juifs. C’est la seule chose qui fait la valeur de l’individu », dit-elle. Des propos qui s’inscrivent dans la droite ligne tracée par son père ; qui a, par son aura et sa dimension spirituelle, conquis des millions de cœurs au-delà des frontières sénégambiennes et africaines. Espérant qu’elle acceptera, pour une fois, ce portait qui décline sobrement une partie de sa personne « célébrement inconnue », Sayda Mariama Ibrahima Niasse est la fille de l’illustre fondateur de Médina Baye.

 

Sayda Mariama : La « disciple-fille » de Baye

Sayda Mariama est née à Kaolack, ville où elle a grandi et fait ses études coraniques. Sa mère est la fille d’un Moukhadam de Cheikh Al-Islam, dont le fils, Cheikh Ahmed Tidiane Ndao est l’actuel représentant de Baye Niasse à Thiès. Et comme le sang ne ment pas, la fille de Baye, à l’image des autres enfants de la lignée, impressionne par ses dispositions intellectuelles dans la mémorisation de l’enseignement religieux. A 12 ans seulement, Sayda Mariama mémorise le Coran, et rejoint la famille maternelle à Thiès, pour y intégrer l’école française. Donnée très tôt en mariage à un riche diamantaire nigérian vivant en Sierra Léone, elle y rejoint son mari avant de revenir au Sénégal des années plus tard, suite à l’éclatement de la guerre civile qui avait plongé le pays dans un cycle indescriptible de violences. Malgré les conditions qui ont précipité son retour au pays natal, ce séjour sierra léonais, est encore vécu comme une des missions de l’« Ecole internationale » du savoir islamique de Médina Baye, qui irrigue toute la région ouest-africaine de l’enseignement de la Faydu. A l’instar de tous ses compatriotes qui avaient accepté de revenir au bercail par le bateau dépêché par les autorités sénégalaises de l’époque sur les côtes sierra léonaises, elle affronte avec tous ses enfants les vagues de la mer jusqu’à Dakar. Et comme tout est mission dans la famille de Baye, elle sera au service de ses compatriotes avec qui, elle avait tenu à prendre le large pour revenir au pays natal. Sayda Mariama Ibrahima Niasse servira d’interprète dans la langue de Shakespeare et en Créole aux voyageurs d’infortunes à destination du Sénégal. Dévouée croyante et combattante dans l’âme, la fille de Baye se lance dans le commerce dès son arrivée, afin de prendre en charge ses enfants. Elle s’approvisionnait en marchandises dans la capitale gambienne, pour revenir les revendre au Sénégal. Et comme si le sort s’acharnait sur ses destinations, Sayda Mariama arrêta la trans-gambienne à l’avènement de la crise du voisinage sénégalo-gambien, pour s’investir dans l’aviculture, jusqu’à son départ pour les Etats-Unis d’Amérique.  Au pays de l’Oncle Sam, elle allia son travail à l’enseignement du Coran qu’elle dispensa bénévolement aux jeunes américains de toutes les origines au sein du Daara qu’elle a crée. Sa proximité avec les néo-enseignés, pour ne pas dire les nouveaux talibés de Baye, et sa pédagogie ont facilement réussi à tisser des liens très forts entre elle et les jeunes américains qui avaient fini par troqués les sorties ludiques ou familiales avec le goût de l’enseignement du savoir coranique que leur dispensait méthodiquement, Sayda Mariama Ibrahima Niasse.

 

Et « IQRA» motiva son engagement…

« Qui ouvre une salle de classe ferme une prison », disait l’autre, parlant de l’importance de l’éducation qui constitue le premier pilier de socialisation de l’Homme. Si cela est vrai, on peut alors se demander le nombre de prisons que la fille de Baye a fermé à travers le monde. Pour la native de Kaolack, l’éducation des enfants doit être au cœur de tout engagement citoyen ou politique, car les enfants sont l’avenir de tout pays. Raison pour laquelle elle investit de sa personne, de son argent et de son temps à la formation des enfants à travers le monde. Aux Etats-Unis comme Sénégal, Sayda Mariama Niasse, a permis à de nombreux enfants de bénéficier d’une excellente formation religieuse pour pouvoir faire face aux aléas de la vie. Et quand elle aborde la question, elle n’oublie jamais de rappeler que ceci est la première recommandation faite au Prophète Mouhamed (PSL), lorsque Dieu, par le biais de l’Ange Djibril, lui a fait parvenir la Sourate IQRA. Puisque l’âme est indissociable de la personne, elle suit résolument le chemin tracé par son illustre père pour sauver l’homme et son âme. Son Internat sis à Hann Maristes accueille aujourd’hui des enfants venus de tous les horizons (Etats-Unis et autres pays d’Afrique) pour apprendre le Coran et la religion musulmane. Son ambition, construire au Tchad une Ecole coranique moderne de jeunes filles pour permettre à celles-ci de bénéficier d’une éducation. En effet dans ce pays les jeunes filles n’ont pas les mêmes chances que les garçons pour accéder à l’école.

Contre le terrorisme, elle prône la paix pour avoir connu la guerre en Sierra Léone

La religion musulmane est une voie de paix et de tolérance, rappelle Sayda Mariama Niasse. « L’Islam n’est pas une religion de contrainte, même le Prophète Mouhamed (PSL) n’a jamais contrait ni attaqué une personne pour le faire entrer dans l’Islam par la force », dit-elle. Avant d’ajouter, «  il y a des esprits malveillants qui se cachent derrière la religion pour faire des choses barbares qui n’ont rien à voir avec l’Islam. Baye Niasse disait souvent,  je n’ai pas peur des ennemis de l’Islam mais de ceux qui se disent musulmans et qui sont les véritables ennemis de l’Islam ». Pour celle qui estime qu’il est préférable d’être vigilant et d’éduquer les enfants face à cette vague de propagateurs d’intolérance dans le monde, la paix reste le maitre mot dans son discours. « Je connais bien la valeur de la paix pour avoir vécu la guerre », renseigne-t-elle.

Au Président Macky Sall…

… Elle demande de veiller à la préservation de la paix qui règne au pays de la Téranga et exhorte les sénégalais à s’atteler à l’éducation des enfants. Raison pour laquelle, elle s’insurge contre la manière actuelle de mendier qui prend forme et s’institutionnalise à Dakar. Elle estime qu’il est inadmissible qu’on laisse des enfants mendier dans la rue. « C’est inhumain pour un parent, à plus forte raison une mère, de faire mendier ses enfants. Si un parent n’a pas de quoi faire vivre ses enfants et n’a aucune autre alternative que la mendicité, qu’il aille lui même mendier à la place de l’enfant. Un enfant n’a pas à vivre cela. La place d’un enfant n’est pas et ne pourrait être dans la rue. Un enfant doit être éduqué et sa place est à l’école. Si les parents n’ont pas les moyens de lui assurer le droit à l’éducation, c’est à l’Etat qu’incombe cette  responsabilité ». explique-t-elle. Pour Sayda Mariama Niasse, il revient au gouvernement de prendre des mesures idoines pour faire cesser ces pratiques qui constituent une véritable menace contre le développement matériel et moral de l’enfant.

 

Propos recueillis par mounamak

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