Dialogue politique : Modou Diagne Fada du LRD Yessal au rendez-vous de Aly Gouille Ndiaye

Le LRD Yessal, formation politique de l’ancien responsable libéral, Modou Diagne Fada, sera présente à la rencontre convoquée aujourd’hui par le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, sur instruction du Chef de l’État, Macky Sall, pour une concertation nationale sur divers sujets axés notamment sur le processus électoral sénégalais.

« Chaque parti politique est autonome et souverain pour adopter la démarche qui lui semble la meilleure en ce qui concerne cette rencontre convoquée par le ministre de l’Intérieur ce mardi 21 novembre. Notre parti, LRD Yessal, a décidé d’y prendre part pour plusieurs raisons. Nous ne pensons pas qu’il s’agit d’une rencontre de dialogue », explique-t-il.

« Pour nous, poursuit Modou Diagne Fada, une rencontre de dialogue dans le contexte sénégalais doit être convoquée par le président de la République pour discuter de sujets politiques précis. Mais là, nous sommes dans le cadre d’une discussion avec le ministre de l’Intérieur autour de l’évaluation de la refonte partielle du fichier électoral et autour du processus électoral. Il s’agit là de questions techniques qui intéressent tout les acteurs politiques. Et c’est la raison pour laquelle tous les acteurs politiques doivent y prendre part pour que nous puissions veiller sur le processus électoral ».

Sur les raisons de la participation de son parti au dialogue, il confie :  » nous avons porté beaucoup de récriminations à l’État, au gouvernement. Des récriminations relatives à la mauvaise organisation des dernières élections législatives, à la mauvaise distribution des cartes d’identité biométriques, à la mauvaise confection des listes électorales, et à la rétention de plusieurs milliers de cartes d’identité biométriques. Et il s’agit là d’éléments importants parce que ce sont des erreurs graves commises par le gouvernement à qui il ne faudrait pas laisser le soin de répéter les mêmes forfaitures aux prochaines échéances électorales. La présence de l’opposition à cette rencontre est importante et utile ».

Selon le chef de file des démocrates-réformateurs, « le fichier électoral doit être audité par une commission indépendante pour que les acteurs sachent s’il n’est pas piégé ou frauduleux. On parle du statut de l’opposition depuis le régime de Me Abdoulaye Wade qui avait bien voulu le donner au chef du parti le plus représentatif. Mais en son temps, il s’était posé le problème entre Moustapha Niasse et Ousmane Tanor Dieng. L’un avait un nombre de voix plus élevé et l’autre un nombre de députés plus élevé ».

« Nous devrons également parler du financement des partis politiques. Aujourd’hui, on parle de subventions allouées à des partis politiques membres de la mouvance présidentielle que personne ne peut contrôler. Nul ne sait si de l’argent occulte a aidé au financement de la dernière campagne électorale. Et là, la Cour des comptes devrait pouvoir contrôler les finances des formations politiques. Le Sénégal est en retard dans ce domaine parce que le Mali et la côte d’Ivoire le font », fait-il remarquer.

Et d’ajouter « nous avons un mode de scrutin mixte, c’est-à-dire majoritaire et proportionnelle. Ne faudrait-il pas aller vers un mode de scrutin proportionnel intégral. C’est plus démocratique. Je cite souvent l’exemple du département de Dakar. La majorité dit avoir gagné ici aux législatives avec moins de 3000 voix. Pourtant, elle a raflé les sept sièges en compétition. Avec un mode de scrutin proportionnel, la majoritéca aurait 3 députés, Khalifa Sall aurait 3 députés, et d’autres formations politiques se partageaient le siège restant ».

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