RUSSIE 2018 : Un but commun (Oumou Wane)

Oui fiers, nous le sommes, très fiers même de cette qualification du Sénégal pour le Mondial 2018 en Russie, la seconde de son histoire.

Saluons à cet égard le sélectionneur national Aliou Cissé, qui réinvite notre football à la grande fête mondiale du ballon rond de l’année prochaine, après avoir fait partie lui même en tant que joueur de l’équipe ayant qualifié le Sénégal pour sa première Coupe du monde en 2002.

Oui, ils y sont ! Le Sénégal tient son billet d’entrée, voici donc une belle occasion pour nous tous de renouer avec la confiance et la joie, l’enthousiasme et la foi.

Le football est un jeu, certes, mais il est aussi le miroir de la société, la vitrine d’une nation. L’ensemble de la planète suit avec fougue et passion les résultats de la Coupe du monde de football.

Après le succès plein de peps obtenu en Afrique du Sud (2-0), les «Lions de la Teranga», invaincus dans ces éliminatoires, auront l’occasion en Russie d’écrire une nouvelle page de l’histoire du football sénégalais.
Sur les traces de leurs illustres prédécesseurs, pour ne citer que Matar Niang, pilier de l’équipe nationale à la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de 1965, Jules Bocandé, le lion de Casamance, premier africain meilleur buteur du championnat français, El Hadj Diouf, double ballon d’or africain… la bande à Sadio Mané, Diafra Sakho et Khadim Ndiaye aura à cœur de produire du beau jeu et défendre les valeurs plus honorables des pionniers de l’histoire du football sénégalais.

Et nous, quel sera notre rôle dans tout ça ?
Aider à redonner au groupe cette confiance qui le fuyait. Comment cela me direz-vous ? En retrouvant un esprit collectif et ludique. En ravivant le meilleur de nos émotions et de nos sentiments. La coupe du monde de football est un événement à l’impact planétaire sans égal qui a le pouvoir de procurer ce bonheur collectif même s’il est provisoire.

Bien sûr, nous avons nos problèmes : la pauvreté, les guéguerres et polémiques sans fin, la dégradation du climat social, le réchauffement climatique, le supplice chinois que nous inflige Wade et Macky, et que sais-je encore… mais sachons-le, ce qu’il manque à nos footballeurs, c’est ce qu’il nous manque à nous-mêmes. Ce n’est en tout cas pas le talent. Nos sportifs sont comme nous, ils sont à l’image d’une société sénégalaise qui n’apprécie pas beaucoup de voir les autres triompher et se méfie du succès et encore plus de l’argent qu’il génère.

Miroir de la société, vous dis-je, le football révèle aussi ses préjugés, ses frustrations et ses idées reçues.
Pire encore, mais cela heureusement nous concerne moins, le football mondial génère dans les tribunes et en marge des matchs, de la haine et des discriminations qui ciblent les étrangers, en particulier s’ils sont noirs. Certains cercles de supporters font aujourd’hui du football le défouloir des comportements les plus xénophobes et racistes.
C’est pourquoi, je veux ici tenter de justifier le coup de sang de Patrice Evra à l’encontre d’un supporter de Marseille.

S’il est vrai que, « la maitrise de soi est une courtoisie envers les autres » a dit je ne sais plus qui… ce qu’a dit Vikash Dhorasoo ce samedi soir dans l’émission de Laurent Ruquier « On n’est pas couché » est encore plus vrai : « D’autres joueurs ont fait des gestes terribles qu’on ne sanctionne pas parce qu’ils ne sont pas attaquables. Lui (Patrice Evra) aujourd’hui, il est faible. Il est en fin de contrat, il a 36 ans, il n’a plus de valeur marchande. Il aurait 25 ans, en pleine carrière, il ne serait pas licencié comme il va l’être ».

Moi je l’aime ce footballeur, je veux le défendre. Et puisqu’il est né à Dakar, de père sénégalais, pourquoi ne viendrait-il pas la faire avec nous cette coupe du monde en Russie ? Cela serait une fin de carrière réussie !

Oumou Wane

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